Espèces emblématiques à observer en randonnée dans le Mercantour
Une journée sur les sentiers du Mercantour, c’est accepter la loi du vivant : l’apparition soudaine, le pas suspendu, la silhouette qui s’efface. Mais certains habitants du parc deviennent, à force de chance (et de silence), des compagnons de marche.
Bouquetins et chamois : les seigneurs des crêtes
- Le bouquetin des Alpes (Capra ibex) : Disparu au XIXe siècle, réintroduit depuis 1988. On en compte désormais environ 600 sur l’ensemble du parc (source : Parc National du Mercantour, données 2022). L’aplomb de leurs cornes, leur silhouette massive et pacifique se détachent dès l’aube sur les pelouses d’altitude, notamment près des Lacs de Prals, autour du Mont Bégo et du Gélas.
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Le chamois (Rupicapra rupicapra) : Très agile, reconnaissable à sa “barbe”. La population est estimée à plus de 10 000 individus dans le parc. Peut s’observer au coucher du soleil, notamment au-dessus de Saint-Étienne-de-Tinée, sur les crêtes du Boréon et autour du col de la Bonette.
Le loup : présence invisible
Le retour du loup dans le Mercantour est récent mais retentissant. Il réapparaît en 1992, venant du Piémont italien (source : OFB). Aujourd’hui, au moins 20 à 25 meutes fréquentent la région, principalement en altitude d’octobre à mai, période de moindre affluence humaine. Les chances de l’apercevoir restent minces ! Mais il laisse des indices : empreintes sur la neige, hurlements nocturnes portés par le vent, carcasses disséminées (parfois signalées par les agents du parc). Dans les vallées de la Vésubie et du Haut-Verdon, quelques marcheurs curieux ont parfois la chance d’apercevoir une silhouette furtive à la tombée du jour...
La marmotte alpine : sentinelle et musicienne des alpages
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Marmotte (Marmota marmota) : Célèbre pour son sifflement d’alerte, la marmotte creuse d’élaborés terriers. On la voit, en colonies parfois nombreuses, de la mi-mai à mi-septembre sur les pentes du Boréon, autour du refuge de la Cougourde et près des lacs du parc.
Les rapaces : maîtres du ciel clair
Le gypaète barbu, le plus grand rapace d’Europe avec ses 2,80 m d’envergure, plane régulièrement entre les vallées de la Tinée et du Boréon. Réintroduit depuis 1993, on y compte aujourd’hui trois couples nicheurs (“Rapaces du Mercantour”, LPO PACA).
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Aigle royal (Aquila chrysaetos) : Une dizaine de couples, bien présents sur les crêtes frontalières et autour du Mont Bégo ; envol visible surtout en mai-juin.
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Vautour fauve : Régulier au printemps, en particulier dans la haute Tinée, mais surtout sur le versant italien du parc.
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Chocards, tétras-lyres, hirondelles de rochers et nombre d’autres petits passereaux peuplent forêts et landes…, bonheur du marcheur attentif.