6 mars 2018

Autour de Lyon, France

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A la découverte des souterrains de Lyon (et du mystère des Arêtes de Poisson)

Ce billet est écrit dans le cadre du rendez-vous mensuel « En France Aussi », événement inter-blogueuses organisé par Sylvie du blog Le coin des voyageurs, qui a pour but de mettre en avant la richesse et la beauté des régions de France.

Pour le mois de mars, le thème a été choisi par Sabrina de “Tu paris combien” : La France Underground.

J’ai choisi d’aborder le thème de façon très littérale et de vous faire découvrir des souterrains de Lyon !

S’il y a bien une chose dont je me lasse pas, c’est de découvrir des coins insolites insoupçonnés à deux pas de chez-moi.
Et le Fort de Vaise en fait partie ! Surplombant la Saône, il est l’un des monuments historiques du 9ème arrondissement de Lyon que j’avais jusque là ignoré.

Il faut dire que depuis les quais de Saône, il reste discret, moins impressionnant que son frère d’armes qui s’élève juste en face, le Fort Saint Jean, que l’on longe régulièrement en passant devant les Subsistances.

Il faut grimper le boulevard Saint Exupéry pour atteindre l’entrée du Fort de Vaise, et de l’extérieur, on ne se doute pas des secrets d’histoires dont il recèle.

C’est grâce à une visite-guidée de l’OCRA-Lyon que nous avons pu pousser les portes de cet endroit caché.

Visite du Fort de Vaise par l’OCRA-Lyon

L’OCRA Lyon est une association de cataphiles (des passionnés de galeries et de cavités) qui se sont donnés pour mission de restaurer le patrimoine des souterrains lyonnais et de proposer des visites pour transmettre leurs bouts d’Histoire.

La visite commence par une petite exploration des alentours du Fort, accompagnée par des anecdotes historiques sur le lieu.
Et c’est toujours un plaisir d’entendre de petites histoires au sein de la grande Histoire, d’écouter le récit d’une légende bien locale depuis la Tour des Deux Amants qui surplombe la Saône qui s’enfuit en contrebas, nous offrant une vue secrète et privilégiée sur la ville de Lyon.

Visite des souterrains du Fort de Vaise

Puis équipés de lanternes modernes, nous entrons dans les entrailles du Fort de Vaise. En groupe, les uns à la file des autres, nous descendons le long d’une galerie assez étroite. L’exploration n’est pas accessible à tous, et l’expérience est à éviter pour les plus claustrophobes. La descente nous mène dans une première salle qui était à l’époque prévue pour être des postes de postes de tir. Un peu plus loin, deux autres salles sont très bien conservées.

Construit entre 1834 et 1848 le Fort de Vaise complétait la ceinture de protection de la ville avec le Fort Saint-Jean et le Fort Loyasse si de potentiels ennemis essayaient d’atteindre la ville par le fleuve. N’ayant jamais réellement servi, c’est la Fondation Renaud qui l’a racheté pour en faire un lieu de rencontres et d’expositions artistiques.

C’est l’OCRA qui leur a proposé de restaurer ses souterrains, puis de proposer des visites de l’endroit. Contre toute attente, leur première visite lors de Journées du patrimoine a passionné les foules et depuis, chaque visite est un succès.

L’Énigme des Arêtes de Poisson

Suite à la visite-guidée de l’OCRA, nous avons pu assisté à la conférence de Walid Nazim.
Walid Nazim est un cataphile lyonnais, auteur d’un ouvrage sobrement intitulé “L’Énigme des Arêtes de Poisson”. C’est une conférence à laquelle j’avais hâte d’assister depuis que j’habite à Lyon (ses conférences ont du succès et sont très vite complètes d’un mois sur l’autre !)

Les Arêtes de poisson, c’est le nom d’un des réseaux de souterrains qui court sous la Croix-Rousse. Elles sont entourées de mystères et de fantasmes, Walid Nazim donne sa théorie dans son ouvrage.

Bien que le sujet me fascine, j’avais un peu peur d’assister à une conférence aux tendances complotistes et je m’étais préparée à prendre un peu de recul sur ce qui serait dit.

Et puis Walid Nazim commence par nous présenter ces souterrains : une liste de faits, d’observations, de photos prises par des explorateurs souterrains. Il relate la chronologie de leurs découvertes, de leurs régulières explorations. Il relève des choses concrètes, ce qu’il sait et surtout tout ce qu’on ne sait pas. De ces souterrains dont on ne sait rien : qui les a creusés ? Quand ? A quoi ont-ils servi ? Pourquoi cette structure si particulière et à priori unique au monde ?

Galerie des arêtes de poisson • Crédits : Service archéologique de la Ville de Lyon, SAVL

A ce moment les auditeurs sont déjà tous happés par cette étrangeté lyonnaise qui se trouve sous nos pieds.
Alors, il va ébaucher sa théorie, nous présenter des hypothèses, et on s’oriente à présent vers les Templiers, la Franc Maçonnerie… il égrène les questions qui sont sans réponses, les coïncidences troublantes, et on se laisse volontiers porter par son récit. La Ville de Lyon étant régulièrement réticente à s’exprimer sur le sujet (elle a longtemps niée l’existence même des souterrains), que cela rajoute encore une couche au mystère !

On accroche ou pas à sa théorie, mais on ne peut que reconnaître que Walid Nazim maîtrise à la perfection l’art du storytelling et qu’il nous embarque sans difficultés dans sa passionnante enquête historique.

Quand la conférence se termine (elle dure une bonne heure), les lumières se rallument trop vite, on émerge difficilement, on en ressort presque essoufflés, le cœur battant, la tête remplie d’enquêtes incroyables et de pistes sur l’éventuel trésor caché des Templiers. On voudrait en savoir plus, avoir des réponses, et c’est là toute la puissance de l’énigme des Arêtes de Poisson : on ne sait rien de ces souterrains.

Personnellement j’ai adoré l’expérience et ce mystère lyonnais va continuer à me fasciner. Imaginez-vous le vertige qui me prend quand je me balade dans certaines ruelles de la Croix-Rousse et que je réalise les bribes d’histoires qui se trouvent sous nos pieds ! Incroyable sensation !

Pour continuer sur le sujet des souterrains de Lyon, je vous propose un documentaire passionnant réalisé par France Culture sur le mystère des Arêtes de Poisson :

https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/histoire-de-lyon-24-les-aretes-de-poisson-un-mystere-sous-la-croix-rousse

11 thoughts on “A la découverte des souterrains de Lyon (et du mystère des Arêtes de Poisson)”

  1. Je n’avais jamais entendu parler des arêtes de poisson mais ça ne m’étonne pas du tout qu’il y ait plusieurs tunnels sous la ville de Lyon. Etonnant que la ville ait nié son existence, mystère. Sur ce j’ai appris un mot avec toi « cataphile ». Très bon sujet pour le thème du mois.

  2. Ah mais quelle bonne idée, ce thème de la France underground ! C’est vraiment amusant que tu parles des souterrains de Lyon, car il y a deux semaines à peine, je visitais ceux d’Édimbourg (dont je parlerai bientôt sur mon blog). En tout cas merci pour cette belle découverte ! Moi qui reviens à Lyon le mois prochain, ça me donne déjà une bonne idée de chose à faire sur place. Pas que j’avais peur de m’ennuyer, mais enfin, je commence à avoir vu pas mal de très chouettes trucs, du coup c’est l’occasion de _creuser_ davantage !

    Au fait, complètement charmante, la petite montgolfière en bas à droite 🙂

  3. C’est excellent comme histoire !! Un lieu dont on ne connait pas l’origine, ça ouvre la porte à tous les fantasmes (et à tous les énergumènes, assurément). Moi j’aime bien, c’est insolite et puis c’est toujours marrant d’écouter des gens super passionnés. Merci pour cette découverte !

  4. Super, j’adore ce mystère ! Je suis allée plusieurs fois à Lyon, et c’est passionnant de savoir que je n’étais pas loin et qu’en même temps en n’en sait pas grand chose ! 😀

  5. Tu es la deuxième blogueuse à les présenter pour ce rendez-vous #enfranceaussi, du coup, je connais déjà depuis quelques minutes.
    Mais je trouve incroyable que même la mairie a tenté de nier leur existence et encore plus incroyable qu’aucun film ne s’en soit inspiré pour faire du grand spectacle !!!

  6. Je viens justement de lire un autre article à ce sujet et je trouve cette histoire incroyable ! Dans l’autre article il est dit que les visites avaient été interdites par la ville en 1989 et je trouve ça vraiment surprenant, car la tendance d’ordinaire est plutôt inverse, c’est à dire essayer de restaurer et/ou conserver ce genre de lieux pour le faire découvrir au public… Preuve en est par ces conférences complètes que ça intéresse les gens, alors pourquoi la ville n’en profite-t-elle pas ? C’est curieux… Le mystère reste donc entier ! Merci pour toutes ces précisions et le récit de ta participation à cette conférence qui a l’air vraiment captivante et palpitante…

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