21 janvier 2019

Carnets de réflexions, Carnets de voyages

9 commentaires

De l’art d’adopter et d’aménager un van

En essayant de remettre de l’ordre dans mes archives bloguesques, *souffle de la poussière par ici*, *nettoie les toiles d’araignées par là*, je me suis rendue compte que j’avais pas mal de carnets de voyage en cours, inachevés, à écrire, à mettre en page, bref, en jachère…

J’ai voulu commencer à raconter notre #SudWestTrip de cet été… Oui, mais je n’avais pas encore parlé du tour de France qui nous avait mené jusqu’en Bretagne l’année dernière… Arf… je voulais ranger ces prochains récits dans une nouvelle rubrique que j’aurai étiqueté avec originalité “Voyage en van”, sauf que je n’ai pas encore parlé de notre camion ici…

Bon, reprenons les choses dans l’ordre, installez-vous, je rembobine !

Adopter un van, quand le rêve devient projet

Adopter un van, c’est une envie qui a germé après mon voyage en Australie, c’était il y a quasiment 10 ans, j’avais 25 ans, c’était mon premier grand voyage et mon premier voyage solo.

J’avais rencontré ma comparse de voyage sur place à Melbourne, et au bout d’une conversation de comptoir d’auberge de jeunesse s’en était suivi un roadtrip de 3 jours en Tasmanie à la fin duquel on décidait d’acheter ensemble un van pour aller découvrir l’outback australien !

 

Quand j’y repense, je me souviens du manque de confort, de la promiscuité, des galères récurrentes de la recherche de jobs en WHV, mais je me remémore à chaque fois comme si c’était hier ce sentiment dingue de liberté quand le matin, les yeux sur la carte, on se demandait “alors, on va où aujourd’hui ?”

 

 

C’était il y a 10 ans, pas de GPS, pas vraiment scotchée aux réseaux sociaux, pas de connexion tout court d’ailleurs la plupart du temps, juste Dobby notre van,  notre anglais déplorable, un atlas et la route, c’était grisant !

 

 

Depuis cette époque, j’ai toujours gardé dans un coin de ma tête cette idée d’avoir un van bien à moi pour pouvoir barouder où le vent (et le chemin) me porterait.

Puis le retour en France et la vie d’adulte a repris ses droits : trouver un boulot, payer ses charges, trouver un sens à sa vie,… et puis le temps file ! Je ne vais pas me plaindre, année après année, j’ai toujours eu la chance (ou plutôt je me suis donnée les moyens) de pouvoir voyager (ce blog m’en est témoin !)

Mais il y a peut-être trois ans, l’envie est revenue, lancinante, le genre d’obsession née d’une graine semée il y a 10 ans. Contrairement à ce que notre société nous vend actuellement, obtenir notre van a été une épreuve de patience, de discussions, de compromis, d’économies et de travail acharné. Tout ne s’obtient pas dans l’instant, au moment où le souhaite.

Il y a deux ans nous avons donc adopté Kairos, un Trafic L1H1 à fière allure.

Kairos, l’art de saisir l’instant, le moment propice.

Pourquoi adopter un van me direz-vous ?

Pour pouvoir décider le vendredi même où on va passer notre weekend.
Pour pouvoir décider chaque matin de ce qu’on va bien pouvoir faire.
Pour pouvoir embarquer notre petite maison sur le dos.
Pour ne pas culpabiliser si on décide de juste se reposer.
Pour pouvoir modifier notre programme sans angoisse.
Pour ne pas avoir à anticiper des vols, des nuitées, des correspondances.
Pour pouvoir s’arrêter quand on veut, où on veut.
Pour éviter de prendre l’avion et essayer de diminuer notre empreinte carbone.
Pour se rapprocher de la Nature.
Pour retrouver ce fameux sentiment de liberté.

Une fois les clefs en poche, on s’apprivoise, on s’installe dans le camion et là, l’impression d’être dans une boite de conserve est tenace. C’est minuscule ! Comment diable faire tenir un lit et des rangements là dedans ?

Qu’à cela ne tienne, adopté en août 2017, nous partons en septembre, pour un semi tour de France pour aller voir nos amis dispersés un peu partout. Au programme : Montpellier, l’île de Ré, la Bretagne et Nantes, les châteaux le long de la Loire puis l’Auvergne.

A ce moment-là, il est vide, pas isolé, pas vraiment préparé. On prend exemple sur l’astucieuse idée de Maryse de LifeItineraries pour aménager son camion : on récupère des caisses de rangement en plastique sur lesquelles on pose le matelas de notre clic-clac, on prend un réchaud, de l’eau et c’est parti !

C’est l’occasion de tester la vie dans le camion sur une dizaine de jours et d’évaluer nos besoins avant de commencer à l’aménager.

Si les conditions à Montpellier sont plutôt favorables, autant dire qu’en Bretagne et en Auvergne, on a tiré quelques leçons. Achat d’une couette d’hiver en urgence, galère sans nom pour faire sécher nos fringues humides dès le matin avec la condensation… mais le plaisir indicible d’entendre le bruit des vagues depuis notre spot dodo sur l’île de Ré ou de redécouvrir le silence de la Nature dans des coins paumés de la campagne française.

Comment aménager un van, l’heure des choix

Ces quelques jours en mode roots sont drôles et funs, il y a côté aventure dont je me lasse pas. Mais vient le moment de réfléchir à l’aménagement du camion : esquisse de plans, discussions, recherches, compromis, comparatifs, calculs de budget. On hésite entre deux solutions :

  • le faire soi-même : j’ai potassé assez de tutos, de forums, de blogs d’aménagements de vans pour visualiser les étapes, l’ordre des choses à faire sur le chantier, j’ai noté les trucs et astuces, je me sens prête. Par contre, la réalité nous rattrape : en centre-ville, travailler sur le trottoir, sans prise pour l’électricité et les outils, dans le froid et / ou la nuit serait un bordel qu’on ne veut pas tenter. Certains le font, je leur tire mon chapeau.
  • le faire faire par un aménageur : après demandé plusieurs devis, on se rend à l’évidence, la fourchette des prix est grande, on trouve de tout sur le marché des aménageurs, mais pour le faire aménager complètement par un professionnel, on est bien au-dessus de notre budget.

On a donc décidé de couper la poire en deux. J’ai trouvé un artisan qui nous a fait le placage et l’isolation, installé le système électrique et créé les meubles en bois brut d’après ce qu’on voulait, et on a fait tout le reste (ponçage des meubles, protection, les trop nombreuses couches de peinture, les housses de coussins, les rideaux, les rangements…)

Quand je vois la galère sans nom qu’on a vécu pour peindre les meubles sur le balcon de notre appart en gérant la pluie et le mauvais temps lyonnais, je suis contente de ne pas avoir eu tout à faire.

Très concrètement, nous voulions pour l’aménagement de notre camion :

  • pouvoir dormir dedans confortablement (bon matelas et ne pas être recroquevillés ni en diagonal dans le lit)
  • pouvoir être assis, s’occuper, cuisiner et manger à l’intérieur par temps de pluie (hello la Bretagne et l’Auvergne)
  • être discret et pouvoir passer sous la barre des 2m (autant pour les péages que pour les parkings)
  • être autonomes en électricité pour recharger nos appareils

Voyager en van, à nous la liberté !

Nous avons testé notre aménagement sur des weekends autour de Lyon pour se rendre compte de ce qu’il fallait optimiser, puis pour notre second trip nous sommes partis cet été deux semaines sur la côté Atlantique, de Bordeaux jusqu’au Pays Basque, puis dans les Pyrénées ! Et franchement, le plaisir des spots dodo dans la nature est la meilleure des récompenses !

Pour nos vacances courtes et nos escapades de weekends, notre Kairos fait bien  l’affaire, on est encore en train d’essayer d’optimiser nos rangements et notre installation. On est conscients de ses points faibles et de ce qu’il aurait fallu faire différemment, mais avant de penser au prochain aménagement, on compte bien profiter de notre Kairos aux beaux jours !

D’ici là, je vous dis à bientôt pour le récit de ces voyages en van.

9 thoughts on “De l’art d’adopter et d’aménager un van”

  1. Coucou Hélène
    En lisant la liste « pourquoi avoir un van » je me rends compte que c’est un peu comme « pourquoi avoir un voilier » mais avec plus de liberté par rapport à la météo (vent).
    Bisous

  2. C’est tout une aventure et une organisation, chapeau !
    C’est vrai que c’est une liberté incomparable avec un hôtel ou une location, j’aimerai beaucoup du moment que j’ai un très bon matelas, car la qualité de sommeil détermine notre pêche ou absence de pêche de la journée de visite et on ne peut pas se permettre d’être fatigué et cassé dès le saut du lit.
    Seul petite interrogation de ma part, quand vous vous garez comme ça pour dormir, dans certains coins isolés, vous n’avez pas peur de tomber sur des gens bizarres ou qui pourraient vous agresser vu qu’il n’y a personne autour ? Comment sélectionnez-vous les endroits où se poser ?

    1. Alors, on a une appli collaborative qui recense des spots dodo indiqués par d’autres (avec photos, commentaires, notes), ça permet de presque toujours un endroit déjà tenté par quelqu’un d’autre.
      Sur la peur de se faire agresser : non. Quand on ne ‘sent’ pas un endroit, on n’y reste pas. On ne s’est jamais sentis en insécurité. Et entre nous, il y a plus de chances de croiser des gens louches et relous en ville que perdus dans la Nature en vrai 😉

      1. Ah une appli, cool ! Les réseaux c’est tellement pratique ! En ville y’a des gens chelous mais t’es pas obligé de dormir avec non plus ! Dans la nature, le seul animal que je crains c’est l’humain. Mais ça doit être au feeling comme tu dis !

        1. Oui, l’appli s’appelle Park4Night, elle est très pratique !
          Pour la différence ville / campagne, je voulais dire par là, qu’il peut arriver qu’on doive dormir en ville avec le camion, et on est plus méfiants qu’à la campagne.
          Et oui, l’intuition ou e 6ème sens jouent pas mal dans le choix des spots ! 😉

        2. Bonsoir ! Pour ajouter mon grain de sel, je vis en camping-car avec mon copain depuis 1 an et demi, nous dormons quasiment tout le temps dans des spots isolés en pleine nature et nous n’avons jamais eu de problème ! J’étais beaucoup moins rassurée le jour où l’on a dû dormir au cœur de Toulouse…

  3. il y a une vingtaine d’années j’ai testé le camping-car (on disait pas van à l’époque!) c’était un Ford avec le toit qui se soulevait because un grand à caser…évidemment on pouvait s’arrêter plus facilement où on voulait (style sur une plage en Corse…mais pas loin d’une paillotte…pour nous désensabler, gros merci !) en Bretagne tout seul perdu au bout à la Pointe du Raz (en plein été ça existe encore la solitude???), mais aussi à Oléron très confortablement installé au village de vacances du comité d’entreprise, (c’est bien aussi un certain confort!). Mais maintenant 20 ans de plus…il me faudrait un camping-car style… »de-luxe-et-de-prestige » …
    Bonne continuation avec Kairos !
    Bisous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.