2 février 2015

Inspirations & créations

9 commentaires

« Wild », une marche initiatique dans l’Ouest américain

Wild, c’est le dernier film de Jean-Marc Vallée. Comme C.R.A.Z.Y, l’un de ses précédents films, figure dans mon petit panthéon personnel du cinéma, j’étais forcément curieuse de découvrir celui-ci.

Wild, c’est l’histoire de Cheryl Strayed (incarnée par Reese Witherspoon), une femme qui décide de tout plaquer et de parcourir les 1700 kms du Pacific Crest Trail, un célèbre sentier aux Etats-Unis, qui part du Mexique pour se terminer au Canada. Le sujet avait tout pour m’intriguer : une femme qui part seule affronter ses démons, repousser ses limites et finalement se découvrir elle-même, le tout dans de grands espaces naturels… un appel à la liberté !

L’histoire et même le titre du film font tout de suite penser à Into the Wild de Sean Penn. Finalement, le thème et les grands espaces sont les seuls points communs. Tandis que McCandless enchaîne les rencontres qui le font avancer, Cheryl avance seule. Seule avec sa souffrance et ses souvenirs chargés de nostalgie et de mal être.

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Au fil de la marche, les souvenirs remontent à la surface. On comprend petit à petit son burn-out, les épreuves qu’elle a enduré pour en arriver là, le puits sans fond dans lequel elle avait plongé pour se protéger. Les images sont dures, ses souvenirs terribles (mais lumineuse Laura Dern, l’actrice qui joue sa mère !) mais c’est peut-être ainsi lorsque l’on marche seule, 3 mois durant : on se retrouve face à soi, impossible de se cacher les choses, il faut faire face… Ce n’est pas une simple balade de 1700kms qu’elle se lance comme un défi, c’est surtout le seul moyen pour elle de faire son introspection et sa façon d’aller de l’avant, voire de survivre.

Pour sauver ma peau, j’ai décidé de ne plus avoir peur et d’avancer.

Sur le Pacific Crest Trail, on pourrait s’attendre à voir des paysages époustouflants, mais finalement ceux-ci passent au second plan. Le film est vraiment centré sur le personnage et sa recherche de rédemption. Elle se contente d’avancer malgré les souffrances morales et physiques…

Mais étrangement à la fin, j’ai eu un drôle de sentiment : je n’ai pas eu l’impression qu’elle s’épanouissait, ou trouver un sens à la marche au final. Je crois que j’aurais aimé la voir un peu plus heureuse ou du moins apaisée. Peut-être que le livre dont est tiré le film est plus explicite sur les conséquences de cette incroyable marche, et dès le film terminé je me suis dit qu’il fallait que je lise le livre en complément !

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Mais malgré ces quelques points en demie-teinte, le film a su toucher en moi une corde sensible. Je m’y reconnais. Ça me titille. Je sais qu’un jour, je pourrais aussi décider de poser le quotidien sur le bord de la route et tenter ce genre d’aventure, mon sac à dos pour seul compagnon. Le Chemin de Compostelle ? Le Chemin de Stevenson ? Marcher pour réfléchir, marcher pour se recentrer, pour ne rien faire que de mettre un pied devant l’autre, sans penser à rien, ou justement si, à ne pas penser qu’à soi, à l’essentiel, survivre, et avancer… mettre un pied devant l’autre et avancer sur son chemin.

Le film n’est pas parfait, mais il déborde d’une envie de liberté et de sérénité que chacun essaie un jour ou l’autre de (re)trouver. Le générique se termine, et on se dit : « Et si un jour…? »

 

 

Vous avez vu le film ? Lu le livre ? Vous en avez pensé quoi ?

9 réflexions au sujet de « « Wild », une marche initiatique dans l’Ouest américain »

  1. J’ai vu le film et j’ai adoré, une vraie belle histoire de vie. Savoir que c’est tiré d’une histoire vrai, c’est encore plus touchant.
    L’actrice est juste parfaite dans son rôle.

  2. Je te l’ai déjà dit, mais tout pareil, ça titille, ça donne des projets et des envies. A la fin du film, je me suis dit « moi aussi, je vais mettre des chaussures de rando, et en avant ! » 🙂

  3. Il faut (ABSOLUMENT :p) que tu lises le livre ! Il est plus vaste que le film, plus profond, plus tout. En même temps le livre fait 500 pages et le film 1h20. Tu vois très bien dans le livre comment la marche la transforme et la répare, les autres marcheurs ont aussi beaucoup plus de place et un vrai rôle dans le périple. Enfin voilà tu auras compris qu’il faut (ABSOLUMENT) le lire! Et que ça donne encore plus envie de prendre son sac à dos évidemment !

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