20 décembre 2013

Australie, Humeurs

17 commentaires

Voyager seule en Australie : le retour

Je suis rentrée il y a 2 ans déjà, et je me rends compte que je n’ai jamais vraiment conclu mon carnet de voyage tenu en l’Australie. Il me semblait pourtant avoir griffonné des impressions sur mon voyage, sur le retour à la réalité.

C’est drôle d’utiliser cette expression – le retour à la réalité – comme si ce que j’ai vécu là-bas, au bout du monde, était une parenthèse dans ma vie. Comme si nous devions opposer « vraie vie » et « voyages », comme si l’un était incompatible avec l’autre, quelle tristesse n’est-ce pas ?

Les derniers jours au pays d’Oz

Quand j’ai décidé de partir voyager seule en Australie, je savais que j’allais vivre une expérience formidable, mais je ne me doutais pas que ce voyage allait changer ma façon de voir les choses et marquer un tournant dans ma vie.

 

voyage australie solo

A la fin de mon aventure australienne, j’ai ressenti un mélange de sentiments : j’avais hâte de retrouver ma famille et mes amis, hâte de partager ce que j’avais vécu, de mettre en application toutes les bonnes résolutions que j’avais prise, et en même temps impossible de retenir mes larmes en réalisant que j’allais quitter ce grand pays.

Concrètement j’étais partie avec un billet open, je pouvais donc caler ma date de retour quand je le désirais.

A une semaine de mon départ, je décidais de me faire un dernier road trip en solo d’Adélaïde à Melbourne, ville d’où je décollais. Apprécier une dernière fois le plaisir de conduire sur ces routes et de se laisser guider au hasard des envies et des rencontres.

Arrivée à Melbourne, j’égrainais mes « derniers ». Dernières nuits en auberge, derniers repas partagés entre voyageurs, dernières discussions entre inconnus croisés dans la rue…

J’avais une étrange relation avec le temps, la sensation d’avoir posé le pied en Australie la veille à peine et en même temps d’avoir vécu mille vies pendant ce voyage.
voyager seule australie

J’ai fait un crochet en Asie, pour barouder un mois en Thaïlande, encore en voyage solo et sac au dos. Puis ce fut l’arrivée en France, le temps des retrouvailles.

J’essayais de raconter ces mois d’aventure, mais comment poser des mots sur ce que j’avais vécu. Je répondais aux questions récurrentes quel endroit tu as préféré ?, l’endroit le plus beau que tu aies vu ?  Comme si l’Australie pouvait se résumer en un seul lieu.

J’ai réappris à apprécier les plaisirs tout simples, le confort d’un lit, une salle de bain fermée et une douche chaude, du fromage sur du pain…

Les inquiétudes, le stress, les angoisses de la société française me paraissaient à mille lieues de mes préoccupations… à n’en pas douter j’avais du ramener un peu de la « no worry attitude » propre aux australiens !

A mon retour en France, j’avais l’impression que tout était possible : j’avais vaincu des peurs, dépassé mes limites, j’avais envie de faire mille choses, des projets plein la tête !

Envie de faire mille choses, des projets plein la tête !

Puis les semaines ont passé et le fameux blues du retour m’a eu, avec l’entêtante question : mais pourquoi je suis rentrée ?

Je n’avais pas vraiment anticipé le retour. Compte en banque à sec et pas de boulot en vue, la bienveillance parentale m’a évité de me retrouver à la rue, mais j’avais l’impression d’avoir changé et que tout, autour de moi était resté figé tel que je l’avais laissé en partant.

Alors que là bas je vivais au jour le jour, en décidant chaque matin de quoi seraient faites mes journées, ici le temps filait sans que je ne fasse rien de constructif de mes journées.

Ramener d’Australie la positive attitude

Je me suis rapprochée d’autres voyageurs, ceux qui ont vécu la même chose et qui comprennent, je traînais sur des forums et des blogs pour continuer de voyager par procuration.

Puis vint le moment où il a bien fallu reprendre ma vie où je l’avais laissé. Ça a été difficile pour moi de savoir ce que je voulais faire de ma vie. Sans que je le sache ce voyage m’a fait me remettre en question, revoir mes priorités, la façon dont je voulais mener ma vie, et j’ai donc entrepris de construire une vie qui me ressemble.

J’ai ajusté mes envies professionnelles, j’ai déménagé, j’ai suivi une formation et j’ai finalement trouvé une voie professionnelle qui me plaît. Mon expérience en Australie n’y est pour rien, mais c’est certain qu’elle a ouvert mon esprit, mes yeux, mon cœur, qu’elle a attisé encore un peu plus ma curiosité.

Au quotidien, j’essaie de me rappeler que nos petits soucis n’en sont pas. Souvent je repense aux problèmes rencontrés sur la route, la débrouillardise qu’il m’a fallu, seule, au bout du monde, en anglais… et je relativise. Au lieu de me focaliser sur le négatif, je préfère voir le positif dans les situations et dans les personnes que je rencontre.

S’il y a une chose qui me manque le plus, c’est la sensation de liberté.

Évidemment, je le suis encore ici, libre, mais sous ce grand ciel au bout du monde, la sensation était immense, ici ça demande un effort supplémentaire pour retrouver ce sentiment.
roadtrip australie

S’il fallait que je retienne une leçon de ce voyage, c’est réaliser que la vie est belle, que le monde est grand et magnifique, et qu’il y a tant à voir et à découvrir pour toute une vie !

Mais qu’il faut oser. Oser sauter le pas, oser aller à la rencontre de l’Autre, oser lâcher-priser et oser faire de ses rêves une réalité

17 réflexions au sujet de « Voyager seule en Australie : le retour »

  1. Bonjour Hélène,

    Je viens de découvrir ton blog par l’intermédiaire d’un article que tu as rédigé sur voyagerloin.com, sur le blues du retour.

    Ce qui est intéressant en te lisant et en parcourant les blogs d’autres globe-trotters, c’est de constater la diversité des vécus sur la formes mais malgré tout une sorte de sentiment commun qui gagne chaque individu ayant vécu une longue escapade initiatique au-delà de toute démarche touristique. Cette découverte, finalement, du sentiment si grisant de liberté.

    Pour ma part j’ai tout plaqué en 2005 pour rejoindre celle qui est désormais mon épouse dans son pays, la Russie. Pays dont je ne connaissais rien et qui ne m’intéressait pas il faut bien l’avouer, mis à part les clichés véhiculés dans les médias. Comme pays continent, c’est du lourd également. Quand on a tout à découvrir, la langue, la mentalité, le mode de vie (la météo aussi!), chaque jour est une nouvelle aventure. Acheter une pastèque dans la rue pour la première fois, une balade le long de la Volga, un barbecue en forêt près de la datcha avec les beaux-parents avec pour seul interprète une bonne vodka…
    Tu décris parfaitement ces instants au moment du retour, ces instants où on a ce sentiment parfois que le cinéma nous procure aussi, celui de nous avoir emporter dans une histoire hors du temps et de nos préoccupations, avec un retour à la réalité au moment de cligner des yeux quand la lumière se rallume et qu’il faut quitter la salle au moment du générique. Sauf qu’en voyage, on est l’acteur de notre propre film. Et que le rideau tombé ressemble à une petite mort.

    1. Bonjour Samuel,
      D’abord, merci pour ton beau témoignage. Tu retranscris très bien ce qu’on peut ressentir à un retour de voyage. Il faut alors trouver le moyen, n’importe lequel, de raviver ce sentiment de liberté, au quotidien, trouver des parades, ouvrir les yeux différemment pour continuer à avancer dans ce qui semble être un retour à la routine… pas évident, mais j’y crois ! 🙂

  2. Bonjour,

    Je m´appelle Sarah, et je suis chargée de communication web au sein des agences de voyage en ligne http://www.argentina-excepcion.com , http://www.chile-excepcion.com et http://www.peru-excepcion.com .

    Basés à Buenos Aires (avec une antenne à Santiago pour Chile Excepción), nous vendons des circuits sur mesure et individuels en Argentine, Chili et Pérou, avec une optique qualité sur nos séjours.

    Je vous contacte pour vous proposer un partenariat avec les modalités suivantes : l´idée est de vous fournir du contenu informatif (texte 100% original, photo, vidéo) sur ces trois pays, ce qui vous permet de proposer des sujets de talent à vos lecteurs. De notre côté, l’objectif est de faire connaître notre petite agence de passionnés à travers des blogs de qualité comme le votre.

    Sachez que les possibilités de sujets sont infinis : autour de régions « stars » ou méconnues, ou autour de thèmes spécifiques : sport (polo, trekking…), tango, gastronomie, patrimoine culturel ou historique, route des vins, croisières en Patagonie, escapades romantiques … C´est selon vos besoins que nos rédacteurs web se chargent de rédiger des contenus informatifs grâce à leurs connaissances et leurs vécus sur le pays en question !

    Pour information, nous avons déjà des partenariats avec de nombreux blogs de voyage comme Talonshauts et sacados, Voyagesmag, ou encore les Globes Blogueurs.

    Voici quelques exemples :

    http://talonshauts-et-sacados.com/2015/01/cap-argentine-salta/

    http://www.voyagemag.fr/actualite/reportage-158-les-incontournables-du-chili.php

    http://lesglobeblogueurs.com/voyage-en-argentine-les-mille-et-une-especes-de-la-peninsule-de-valdes/

    Nous avons pu également construire des guides de voyage complets autour d’un ou plusieurs pays, comme avec le blog Trip85.
    http://www.trip85.com/guides-pays/argentine/

    Dans l’attente de votre réponse, et si vous êtes intéressée par ce type de partenariats,
    Bien cordialement,

    Sarah Reynier-Prat

  3. Hi Helene,

    Je ne sais pas si tu suis encore ce blog. De retour d’Australie depuis 2mois, je suis en plein « re-entry shock ». Après les joies du retour, me voilà déboussolée, envie de me réorienter. Je suis en autodidacte des cours d’intégrateur web et pourquoi pas web designer dans l’absolu. Avec l’objectif, de pouvoir exercer à l’étranger et pouvoir repartir un jour. Pourrait-on se parler en privé, j’aimerais savoir comment tu as fait pour te former, et où tu en ais aujourd’hui.
    Merci. Au plaisir de te lire

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