17 août 2015

Vietnam, Voyages & escapades

4 commentaires

Tam Coc, la baie d’Halong terrestre

Après la croisière à Halong, nous revenons à Hanoi passer une nuit avant de continuer vers Tam Coc et la Baie d’Halong terrestre cette fois.

A Hanoi, il est plutôt facile de réserver d’un jour sur l’autre, que ce soit un tour, un taxi, un bus… En général le personnel de l’auberge se plie en quatre pour faciliter la suite de notre voyage.

Le patron de notre hôtel nous propose donc de réserver un bus qui nous amènera directement à Ninh Binh, d’où nous prendrons un taxi vers Tam Coc.

Enfin, c’était le programme initial.
Sans trop savoir comment, on se retrouve malgré nous au sein d’un groupe de touristes en excursion à la journée qui va justement visiter la baie d’Halong terrestre.

Sur leur route : Hoa Lu. Stop improbable et imprévu au milieu de rien, on se joint donc à eux pour visiter cette ancienne capitale, posée à flanc de colline….

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Devant le grand portail, des mamies insistantes essaient de nous vendre de l’eau, des gâteaux et des babioles. Le guide nous dit de les ignorer et de leur donner des coups de pied s’il le faut. Je fais mine de rigoler à la blague, mais ce n’en était pas une. Ambiance…
La zone est déserte, la chaleur monte du sol, la visite des lieux est rapide : le détour n’est pas forcément indispensable.

 

Ensuite au lieu de nous retrouver à Ninh Binh pour rejoindre Tam Coc en négociant un taxi, le bus nous dépose directement au centre de Tam Coc, juste devant l’embarcadère ! On montre l’adresse de notre hôtel pour être sûrs, le chauffeur nous indique la route et hoche la tête. C’est par là !

Nous voilà partis à la recherche de notre guesthouse sous un soleil de plomb avec comme adresse « Tam Coc Road ».

Tam Coc est un village assez petit, donc pas de doute possible, on va sûrement trouver !

Tam Coc, une carte postale typique du Vietnam

On commence à marcher le long de la route de campagne qui s’éloigne de plus en plus du centre, on traverse le village, on passe devant une école, puis on longe des champs, des vaches rachitiques, des chèvres, des paysans au travail dans les rizières.

Au bout d’un ou deux kilomètres, nous tombons finalement sur l’auberge réservée, posée entre deux rizières.

Le lieu est calme, bordé d’un relatif silence, une brise rafraîchissante joue dans nos cheveux, des hamacs sur la terrasse nous font tout de suite de l’œil… Après le chaos de Hanoi, ça ressemble un peu au paradis !

Le restaurant sur place propose de bons petits plats, notre balcon donne sur un petit village et les rizières, et surtout on peut emprunter des vélos pour aller explorer les alentours !

Parfois, il en faut peu pour être heureux, et bien pour moi, pouvoir aller pédaler dans les environs, c’est la liberté retrouvée !

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Avoir la route déserte devant soi, pouvoir m’arrêter où je veux, le temps que je veux, embrasser ce vert de partout et ces nuages lourds au loin, se trouver face à un carrefour et décider sur un coup de tête, à droite ou à gauche, se perdre, explorer, faire demi-tour… le bonheur !

Tam Coc, c’est un peu la carte postale typique du Vietnam : des rizières à perte de vue, des gens à vélo, des buffles dans les champs….

On explore les environs et on part à la découverte d’un premier temple, la pagode Bich Dong.

Le sourire aux lèvres et notre naïveté en bandoulière, on se fait avoir comme des débutants ! On paye le parking à vélos et l’entrée de la pagode à la même personne. On apprendra plus tard que l’entrée de la pagode était gratuite.

Même au milieu de la campagne, il faut s’armer de vigilance, ce qui nous laisse un goût amer…

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Néanmoins, la pagode Bich Dong vaut le coup. Accrochée à la montagne sur trois niveaux, l’endroit est isolé, tout au bout d’une route, il s’en ressort une certain ambiance zen. Un passage dissimulé mène dans une grotte, puis grimpe jusqu’à donner une jolie vue surplombante.

De là-haut, on repère d’autres marches qui mènent à un passage étroit un peu plus loin, à l’extérieur de l’enceinte.

Après la visite de la pagode, curieux, on la contourne, dans l’espoir de retrouver ce passage secret. On hésite à poser nos vélos sans cadenas ni surveillance, mais on se dit qu’on fait juste un aller-retour.

Quand l’imprévu et l’improbable se rencontrent à Tam Coc…

On grimpe les marches, on entend d’abord des chèvres, puis on les croise, et on découvre un très joli coin isolé avec une petite cabane au charme redoutable

On savoure cette découverte dans un silence contemplatif, ravis de s’être aventurés par ce passage.

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Puis un gars sort de la petite cabane – le gardien des chèvres je me dis. Il nous montre le chemin qui continue d’un signe de la main.

On tente d’établir un contact mais il se contente de nous montrer le petit chemin qui longe la montagne. Il insiste un peu, on avance, lui fermant la marche, toujours muet.

On marche un petit moment, on enjambe un pont de bambous brinquebalant, pour arriver au pied de la falaise. Ici, se cache une petite porte fermée d’un cadenas.

On se regarde, on essaie de comprendre où on est et ce qu’il veut nous montrer, mais il défait le cadenas et insiste juste pour nous faire entrer là dedans.

A ce moment-là, j’ai toujours ma naïveté en bandoulière et ma curiosité pour étendard.

Ne dites pas à ma mère que j’ai suivi un type étrange dans une grotte !

On s’aventure donc dans une cavité noire comme la poix, avec pour seul guide un type étrange.

Il dégaine une lampe torche et nous éclaire les parois de la grotte. Il pointe des choses au plafond et sur les murs. Il baragouine des choses rapidement comme s’il récitait de drôles de psaumes, en se tenant la tête.

Et c’est vrai que c’est joli, cette grotte naturelle avec ses stalactites, ses creux, ses formations rocheuses et ses couloirs… On essaie de lui faire comprendre que oui, c’est très sympa, mais il nous pousse vers une autre salle, en nous faisant éviter un large trou dans le sol où il nous récite des choses qu’on ne comprend pas. Il nous mène à travers d’autres couloirs, d’autres salles, toujours plus loin, toujours dans le noir le plus complet. On se rend compte que la grotte est immense ! 

C’est à ce moment que Naïveté décide qu’il vaut mieux retourner dans le placard. Curiosité reste dans les parages, mais Instinct de survie vient la rejoindre. C’est bien joli mais l’expérience est étrange…

Les “et si…” de Méfiance commencent doucement à émerger dans un coin de ma tête.
A tâtons dans le noir, je fouille calmement le fond de mon sac à dos pour en sortir ma propre lampe torche, que je garde éteinte, mais bien agrippée, juste au cas où… J’essaie de me souvenir les chemins qu’on a empruntés dans le noir…

Dans une énième salle, l’étrange type éclaire le plafond où niche une immense colonie de toutes petites chauve-souris ! Oh j’adore ! Naïveté revient jeter un œil et sautille, derrière l’épaule de Curiosité ! Comment résister ? C‘est tellement mignon une chauve-souris !

Les couloirs continuent, toujours plus étroits. Le gardien de chèvres continue de braquer son faisceau sur des renfoncements en psalmodiant des choses et en se tenant la tête.

C’est carrément atypique comme expérience, mais ça commence à devenir long et Méfiance commence à donner des coups de coude à Instinct de Survie

Au bout d’une éternité, le type commence à rebrousser chemin et on finit par apercevoir la petite porte d’entrée. 

Une fois dehors, je reprends mon souffle et ma poigne sur ma lampe torche se desserre.

On le remercie, Cám on, Cám on. On sourit, mais il attend. Il nous regarde, on se regarde, moment de doute, puis finalement, un seul mot en anglais sort de sa bouche : “Money !”

Ah, c’était donc ça !

On donne les quelques billets que l’on a, il fait la grimace. Naïveté et Curiosité font une pichenette à Méfiance, et Instinct de Survie retourne se lover au fond contre le radiateur…

Nous, on retrouve nos vélos, la tension redescend. On pédale, on se marre, on se dit qu’il faut vraiment pas que nos mamans apprennent ça !

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Et on file au hasard sur les chemins, à travers des villages et au bord des rizières. Difficile de se dire que le matin même, on était encore à Hanoi !

Une journée pleine de surprises et d’inattendus et j’aime ça !

 

4 réflexions au sujet de « Tam Coc, la baie d’Halong terrestre »

  1. Premier commentaire sur ton blog, je le lis régulièrement mais je prends jamais le temps de commenté. –‘
    En voyage la curiosité et le goût de l’aventure font faire des choses qu’on ne ferait pas en temps normal. Ma mère a aussi le droit a une version plus « soft » de mes voyages, ça fait partie du charme des voyages !

    1. Contente de te voir par ici !
      Pour le coup, ma maman lit le blog, donc j’espère juste que le clin d’œil la fera rire 😉
      Par contre, pour mon voyage en Australie, en effet il y a beaucoup de choses, de galères et d’aventures qui ne se racontent pas ^^

    1. Merci Justine ! 🙂
      Je ne sais pas si les photos rendent l’atmosphère apaisante de la campagne vietnamienne, mais c’est vraiment ça, agréable de s’y balader…

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