23 novembre 2010

Australie, Voyages & escapades

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Road-trip en Tasmanie

Après une semaine passée à arpenter Melbourne, j’enfile mes bottes de sept lieues, et j’arrive en un saut de puce en Tasmanie.

Le départ galère depuis l’aéroport de Melbourne (impossible pour eux de retrouver ma réservation, embarquement de dernière minute) est compensé par l’arrivée sous le soleil de Hobart.

Dès le pied posé sur le tarmac, une palette de verts et de bleus s’offrent à moi. Pas l’ombre d’un doute, je sens que je vais adorer la Tasmanie !

Grand moment de solitude quand vient l’heure de démarrer la voiture de location : la boite de vitesse est automatique ! Après avoir résolu le mystère des positions de vitesse, je m’attaque à la conduite à gauche qui s’avère finalement assez facile.

Direction le centre-ville d’Hobart !

Après avoir posé la voiture, je m’aventure dans les ruelles de la ville qui ne retiennent pas vraiment mon attention. Je tombe à nouveau par hasard sur leur parade de Noël, sous une chaleur écrasante cette fois. Drôle de contraste. Toute la ville semble s’être réunie pour l’occasion. C’est un moment festif et bon enfant où toutes les associations et clubs de la ville défilent dans les rues en entonnant des chants de Noël.

Je commence ensuite à repérer et faire le tour des agences d’intérim avant de me rendre compte qu’elles sont toutes fermées. On est samedi.

On fait rapidement le point avec MT, ma travel mate et on décide d’aller faire directement le tour des fermes. On fait le plein de provisions pour trois jours et direction la Huon Valley.

Huonville, Franklin, Geeveston… Les bourgades annoncées sur ma carte ressemblent à des villes fantômes. Tout est désert. Au volant de ma petite voiture, je ne croise que quelques 4×4 ou pick-ups par heure. En revanche, énormément de kangourous morts sur le bord de la route. C’est affligeant. Je poursuis jusqu’à Dover, petit port de pêche lui aussi désert. On se croirait hors-saison. Où sont les gens ?

On s’aventure sur une piste forestière sur plusieurs kilomètres. On roule au pas. On ouvre grands nos yeux et nos oreilles. Ça sent l’eucalyptus. Je ressens enfin la Nature dans son immensité, à la fois oppressante et majestueuse. A ce moment-là, on ne capte plus aucun réseau depuis longtemps. On conduit encore longtemps, juste pour le plaisir. Alors que je ne m’y attends pas, un kangourou posé au milieu de la piste nous observe un instant avant de détaler à notre approche. Émotion de la première rencontre…

Vers la tombée du jour, on cale la voiture au bord de la rivière Esperance pour y passer la nuit. Système D dans la voiture, j’inaugure mon sac de couchage, ma frontale et mon couteau-suisse… Si c’est pas l’aventure ça !

Le lendemain, à nouveau grand soleil. Sous la luminosité du matin, les vallées verdoyantes se teintent de couleurs ocres, les paysages sont juste magnifiques. Sur le bord de la route, dans de petites gargotes, des sacs de pommes ou des bouquets de fleurs fraichement coupées, sont en accès libre contre quelques dollars à déposer dans une caisse. Ou comment avoir une totale confiance en les gens de passage…

On remonte la Huon Valley vers Hobart pour tenter notre chance vers le nord. Mais on est dimanche et les endroits traversés sont toujours aussi déserts. MT veut à tout prix en profiter pour visiter un National Park. On se dirige vers le plus près sur ma carte, celui de Mount Field, à quelques deux heures de route. La route est encore sublime. Elle se suffit à elle-même. Je me fiche un peu de la destination. Quel plaisir d’avaler des kilomètres d’asphalte sans contrainte de temps ! La conduite à gauche s’adopte très facilement et ça devient réellement un bonheur de prendre les virages dans ce cadre verdoyant. Finalement l’entrée du National Park s’avère payante – comme la plupart en Australie – et on préfère chercher un autre endroit pour dormir. On pose cette fois la voiture dans une petite clairière, à nouveau au bord d’une rivière. Deuxième nuit en mode hobo.

Lundi, retour sur Hobart dans des vallées qui semblent sorties tout droit de quelques tableaux peints dans la lueur du matin.

Tour des agences d’intérim et coups de téléphone à nos différents contacts. On apprend que la saison des cerises est en retard à cause du mauvais temps et que toute récolte ne commencera qu’en janvier. Coup dur pour ma travel mate qui voulait absolument travailler dans les jours à venir. Moi je m’en fiche un peu. Je suis en Tasmanie, il fait beau, j’ai envie d’en profiter au lieu de me prendre la tête. Je propose d’aller vers la péninsule tout au sud-est de la Tasmanie pour profiter du dernier jour de notre location. Sorell, Dunalley…

Au détour d’un chemin, je reste ébahie par la beauté d’une plage. Paradisiaque. Une palette de couleurs, du blanc du sable fin, aux bleus de l’eau et du ciel… On est complètement seules sur cette plage, et je réalise enfin que je suis au bout du monde, dans un paysage de rêve en Tasmanie. J’ai le cœur un peu serré parce que je n’ai qu’une envie : venir vous chercher, ramener au moins l’un d’entre vous pour vivre ça avec moi. Assise sur une plage déserte, je rêve de prochains voyages, d’autres expériences à vivre, à partager avec ceux qui me manquent le plus…

Quand je poursuis la route, les vallées ponctuées de vaches et de chèvres succèdent aux plantations d’arbres bien ordonnés. Bientôt, les vues sur la mer à perte de vue s’enchainent au détour des virages, toutes plus belles les unes que les autres. Je me prends à penser que ça serait bien pratique d’avoir une caméra directement branchée sur mon nerf optique pour vous faire partager tout ça !

Le soir, on se rapproche d’Hobart où l’on doit rendre la voiture le lendemain. On se rend compte que c’est beaucoup plus difficile de trouver un lieu pour dormir en ville. On trouve notre bonheur dans un parc de Glenorchy avec vue sur la baie. Alors que le va-et-vient des voitures est beaucoup plus stressant pour trouver le sommeil que le silence complet des dernières nuits, on assiste à un lever de lune d’une beauté à couper le souffle. Dernières photos pour immortaliser l’instant.

Je n’ai alors plus de batteries ni pour mon téléphone, ni pour mon laptop, ni pour mon appareil photo… L’aventure à la hobo, c’est sympa sur du court terme, mais je ne suis pas sûre de survivre sans mal à un sevrage de force à toute technologie. Au bout de trois jours de road-trip sauvage, je rêve d’un confort de luxe : un lit et une bonne douche !

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