16 janvier 2016

Istanbul, Voyages & escapades

6 commentaires

Ode à Istanbul

J’ai commencé à écrire mon carnet de voyage sur mon escapade à Istanbul, mais je ne pouvais me résoudre à publier un premier billet sans avoir vidé mon sac par rapport à l’actualité…

Quand j’ai appris la nouvelle de l’attentat d’Istanbul ce 12 janvier, après la tristesse, c’est la colère qui m’a envahie. La colère, parce que cet acte de terrorisme donnait raison à tous ceux dont la première réaction à l’annonce de mon escapade récente à Istanbul a été : « mais tu n’as pas peur ? »

Non, je n’avais pas peur, à vrai dire je n’y avais même pas pensé.
J’avais en tête une contrée inconnue, de nouveaux lieux à explorer, d’autres êtres humains à rencontrer, de nouveaux mets à déguster, une ville à découvrir…

J’y allais sans attentes, sans rien m’imaginer, juste une parenthèse de quelques jours pendant le mois de novembre.

Non, je n’avais pas peur, j’avais juste soif de découvertes, d’échanges et d’exploration… c’est bien pour cela que l’on voyage, non ?

A Istanbul, j’ai découvert une ville moderne, une capitale européenne assise entre deux continents, une ville qui vit avec ses traditions et sa modernité. A Istanbul, j’ai adoré arpenter à pied ses différents quartiers, des plus branchés aux plus touristiques.

Istanbul

A Istanbul, j’ai échangé des sourires, j’ai écouté des stambouliotes me parler de leur vie et de leur rapport à la religion, j’ai partagé du thé turc avec des commerçants du Grand Bazar.

Istanbul

A Istanbul, je me suis tenue devant la belle Mosquée Bleue, j’ai visité la basilique Sainte Sophie, j’ai arpenté l’esplanade qui les sépare plusieurs fois.
Là, on a ri avec le marchand ambulant, là on s’est posé pour écrire des cartes postales, là exactement où la bombe a explosé ce 12 janvier 2016.

Istanbul
Et ce n’est pas la peur qui m’étreint, c’est la tristesse et la colère.
La tristesse pour les touristes et les locaux qui étaient juste là au mauvais moment, et la colère que ce terrorisme puisse gagner. Qu’il puisse réussir à faire germer des graines de Peur dans les entrailles des gens, qu’elle grandisse et que la Peur devienne plus forte que l’envie d’aller vers l’Autre. Que par peur, les gens renoncent à aller découvrir cette ville qui a tant de richesses à offrir…

Istanbul

Alors peut-être que je devrais avoir peur. Mais ça serait jouer le jeu de ces terroristes. C’est ce qu’ils veulent, nous dissuader d’aller vers l’Autre, d’aller découvrir des cultures que l’on connait mal, échanger comme des êtres fraternels que nous sommes avant tout… et ça c’est l’image d’Istanbul que je veux conserver : une ville cosmopolite, qui tend la main à son passé et à son futur, des stambouliotes ouverts à la discussion sur l’Islam et leur vie quotidienne, des instants de partage simples et juste humains…

Alors peut-être que je devrais avoir peur, mais je suis surtout en colère.
Elle va s’apaiser cette colère, comme elle s’apaise à chaque fois, et bientôt je pourrai vous parler plus sereinement de mon coup de cœur pour la très belle mosquée de Soliman le Magnifique qui surplombe la ville et d’une chouette balade ensoleillée le long du Bosphore pendant laquelle on a découvert sur les anciens docks un quartier alternatif et réaménagé…

Je vous parlerai de tout ce que j’ai profondément aimé à Istanbul, pour faire reculer la Peur et lutter à mon petit niveau contre ce jeu de la Terreur…

Hasard du calendrier, en novembre, à peine revenus de Turquie, on apprenait l’horreur des attentats de Paris et je faisais alors le vœu silencieux de pouvoir vivre dans un monde où l’on pourrait continuer à voyager dans ces pays musulmans pointés du doigt par les médias. Aujourd’hui, plus que jamais, je renouvelle ce vœu pour un jour retourner sereinement arpenter les ruelles d’Istanbul…

6 réflexions au sujet de « Ode à Istanbul »

  1. Je partage ta colère! Istanbul a été une des « villes coup de coeur » de notre année de voyage. On s’ y esr sentis très bien, on a même imaginé y vivre… Aujourd’hui, je suis tellement triste que cette ville magique aie été souillée, elle aussi, par la folie terroriste! J’aimerais que les touristes continuent de la visiter mais je comprends aussi la peur…

  2. Un peu le même sentiment que toi en effet, et la vague d’attentats qui a secoué le monde cette semaine ne fait que l’amplifier. Toujours ce sentiment d’amertume face à cette réalité, l’efficacité avec laquelle une bombe fait fuir les touristes, et ce, pendant assez longtemps. Peu de monde trouvera dangereux le fait que je vive à Paris, mais on me trouvera bien peu responsable d’aller traîner mes savates à Jakarta ou à Ouagadougou. Sous-entendu quelque part, qu’en France, c’est sous contrôle, mais dans ces pays là-bas, non. Une sorte de paternalisme qui me fatigue et me rend triste.

  3. Je te comprends complètement. Personellement je rêve d’aller en Jordanie depuis quelques temps mais tout le monde me le déconseille en ce moment, et surtout la famille. La vérité c’est qu’on est sur de rien nullepart, alors autant profiter de la vie… Mais pas si simple de ne pas écouter ses proches non plus.

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