29 décembre 2016

Humeurs

16 commentaires

Le blues du blogueur

Voilà, je ne pouvais pas revenir par ici, l’air de rien, la fleur entre les dents, sans un mot d’excuse après cette longue absence.

Ceux qui me lisent depuis mon voyage en Australie savent qu’ici l’inspiration va et vient, que j’aime partager mes escapades mais que parfois le temps me manque et quand le temps est là, c’est souvent l’envie qui se fait la malle.

Je voulais écrire un mot d’excuse à la base, mais finalement je ne vais pas m’excuser, parce que c’est ainsi que je fonctionne. Plutôt qu’un billet d’excuse, ça serait même plutôt un billet coup de gueule sur l’évolution du blogging.

Il y a toujours eu des hauts et des bas dans mon activité de blogueuse. Quand les « il faut que j’écrive » se répètent trop souvent dans ma tête, je n’arrive pas à me forcer. Depuis les débuts du blog, je ne dois rendre des comptes à personne, mais depuis plusieurs mois, j’ai un peu du mal à cerner et à retrouver le sens du blogging, ou du moins de ma façon de bloguer.

Comme je continue tout de même à lire d’autres blogs, parfois avec assiduité, parfois en diagonale, j’ai la curieuse sensation que je ne suis pas la seule à me poser mille questions sur les évolutions du blogging.

Que ce soit dans la blogosphère voyage qui est gangrénée par la course aux chiffres, aux influenceurs et par cette mode insupportable du «digital nomad », aux blogs persos qui n’ont plus rien de perso tant les billets sponsorisés pullulent sur la toile, le constat est le même partout : on ne blogue plus avec l’insouciance des débuts.

Quand voyager devient une mode

J’ai de plus en plus la désagréable sensation que voyager est devenu une mode.

En lisant de nombreux blogs de voyages et en assistant à la naissance d’innombrables blogs sur le sujet, j’en viens à ne plus reconnaître ce qui me plait (ou plaisait) dans le voyage.

Si tu n’as pas fait ton tour du monde avant 30 ans, t’as raté ta vie. Si tu n’as pas sur ton passeport plus d’une dizaine de tampons de pays, t’es has been. Si tu ne postes pas des instantanés sur les réseaux sociaux, alors ton voyage n’a pas de sens. Si tu ne montres pas à la terre entière que tu voyages (souvent de préférence), alors ça semble n’avoir plus aucun sens.

Sans compter que toutes ces photos qui sont sensées être instantanées se ressemblent, tous les ressentis sont les mêmes, et j’ai cette fâcheuse impression que, de plus en plus, de nombreux blogs voyage sortent du même moule.

Je t’avoue lecteur, ces constations me fatiguent un peu.

Et plutôt que de réenchérir à la course aux pays visités et aux photos postées, j’ai préféré voyager sans rendre de compte sur le web. Voyager sans réfléchir aux contenus que je devrais poster ici et sur les réseaux.

Voyager loin du web

J’ai lu récemment que pour être un blogueur voyage influent (sic), il fallait être régulier dans ses publications et poster des récits courts alimentés de nombreuses photos pour ne pas ennuyer le lecteur.

Avec mes tartines de textes et mes élucubrations régulières, je t’avoue que ces injonctions me fatiguent.

Après la culpabilisation de ne pas poster en temps et en heure, puis celle de ne plus poster du tout, je me suis réconciliée avec moi-même : je posterai quand j’en aurai envie.

Je me rends à l’évidence sans regrets : moi, petite blogueuse, je ne serai jamais une blogueuse influente parce que je poste avant tout pour partager un voyage, une escapade, une humeur… sans calculer le retour sur investissement.

Et même si, justement, bloguer demande de l’investissement (principalement du temps), bien souvent le plaisir que j’en retire me suffit.

Pendant ma phase de silence et questionnement bloguesque, j’ai reçu un commentaire sur un de mes carnets de voyage sur le Vietnam, la personne me remerciait pour avoir évoqué une pagode dans un coin perdu et d’avoir distillé des conseils pour s’y rendre.

Régulièrement, des jeunes filles m’écrivent pour me demander des conseils (ou le plus souvent pour être rassurées dans leur choix) pour partir en solo en Australie.

Dans la valse de mes incertitudes, voilà quelques raisons d’être de ces carnets de voyage. Ces quelques retours que je peux avoir de toi, lecteur, suffisent à me remplir de gratitude. Il n’y a pas de plus grand plaisir que de faire découvrir un coin, d’avoir impulsé une envie d’escapade ou de voyage…

Mais si le plaisir de partager mes découvertes a toujours été l’objectif de ce blog, la surenchère actuelle de TOUT partager me laisse parfois sceptique.

Partager ses voyages sur le web

J’ai l’impression qu’aujourd’hui, tout doit être montré, mis en avant sur Internet : le moindre plat que l’on mange au resto, la moindre sortie entre amis, la moindre escapade… tout doit être affiché sur la toile, on ne fait plus rien sans penser à le partager à des inconnus, et dans quel but ? Que ce soit validé socialement ? Prouver que l’on existe ? Montrer qu’on a eu une vie bien remplie (sous-entendue mieux que celle des autres) ?

Moi, travailleuse du web, je suis parfois lasse de ces injonctions inconscientes, de ce système de validation automatique de nos vies, de ce Web omniprésent dans notre quotidien.
Je ne crache pas dans la soupe, je travaille tous les jours dans ce milieu et j’ai conscience de la puissance du web mais bien souvent j’ai l’impression que tous nos gestes sont calculés pour coller à une image, notre image virtuelle et à ce qu’on veut bien montrer de nos vies, des images contrôlées, soigneusement sélectionnées pour répondre à cette question existentielle « voilà ce que je suis ».

Mais je digresse et tu vois bien lecteur que mes questionnements vont bien au-delà de la blogosphère voyage que je fréquente habituellement.

Être soi, sans attendre la validation des autres

Depuis quelques mois, j’essaie de m’éloigner de ce web omnipotent.
Je prends du temps pour faire des choses égoïstement, juste pour moi, sans rien partager sur le web : des escapades sans prendre de photos et donc sans rien poster sur les réseaux, dessiner sans attendre l’aval des autres, écrire sans rien publier… faire des choses justes pour soi, pour apprécier ce fameux moment présent, et ma foi, ma vie ne s’est pas effondrée, j’ai même l’impression de mieux relativiser certaines choses, celles qui méritent d’être partagées sur la toile et celles qui ne regardent que moi.

Aujourd’hui, avec plusieurs mois de silence, l’envie revient doucement.

L’envie de partager des choses, simplement.

Pour 2017, je ne formulerai donc pas la résolution d’être plus régulière dans mes écrits, mais je fais le vœu de retrouver le plaisir simple d’écrire, juste pour partager ces moments avec toi lecteur.

16 réflexions au sujet de « Le blues du blogueur »

  1. Je découvre ton blog suite au partage de kReEsTaL, et je retrouve dans tes propos beaucoup d’éléments de discussion que j’ai déjà eus avec elle à ce sujet !

    Moi-même blogueuse depuis plus de dix ans, je me mets de plus en plus à regretter les blogs d’avant, ceux qui se faisaient pour le plaisir, qui donnaient l’impression d’une communauté secrète, qui s’écrivaient pour le plaisir et non pour les chiffres.

    Il est d’autant plus important pour moi du coup de préserver mon propre foyer virtuel, loin des grosses machineries actuelles. Cela n’empêche pas de se servir de certains outils web 2.0, il faut par contre réfléchir soigneusement à la place qu’on leur accorde.

    On ne peut empêcher l’évolution du web. Mais nous pouvons à notre propre échelle nous remettre en question à son sujet et choisir quelle place y accorder dans nos vies, et avec quelles valeurs nous l’utilisons. Ne jamais perdre de vue ce qu’on y trouve d’important voire essentiel. Ce que tu fais dans ton billet d’ailleurs 🙂

    Tu me donnes envie d’écrire davantage à ce sujet, merci beaucoup pour ces pistes de cogitation !

    PS : je ne tiens pas un blog voyage dédié, mais je viens d’achever une serie d’articles sur ma decouverte du Japon, et je ne m’attendais pas à ce que l’exercice soit aussi difficile ! J’en ai d’autant plus hâte de découvrir tes pages 🙂

  2. Salut Hélène !

    Je me retrouve beaucoup dans tes réflexions, ayant moi-même eu un « blogging blues » cet été – blues qui m’a semblé insurmontable, mais que j’ai finalement réussi à dépasser !

    « le constat est le même partout : on ne blogue plus avec l’insouciance des débuts. »

    Je vois plusieurs raisons à cela : d’une part, forcément, à la longue, l’enthousiasme et l’énergie s’émoussent un peu, en général parce que la vie suit son cours et s’enrichit. Le net et le blog semblent de plus en plus accessoires vis-à-vis de cette richesse-là. D’autre part, parce qu’on a pris conscience du fait d’être lu·e, et pas que par les gens qu’on aime bien et qu’on connaît. Et ça, c’est un changement fondamental, qui, personnellement, a un peu freiné mon enthousiasme et ma productivité bloguesques.

    Donc, non, l’insouciance n’est plus là. Mais ce n’est pas forcément un mal. N’est-ce pas mieux d’avoir conscience des limites – les nôtres, celles des autres – qui sont en jeu quand on publie quelque chose sur Internet ? Sans vouloir sortir ma rengaine « développement personnel » à deux balles, il y a beaucoup de créativité qui peut jaillir des contraintes.

    « Depuis quelques mois, j’essaie de m’éloigner de ce web omnipotent.
    Je prends du temps pour faire des choses égoïstement, juste pour moi, sans rien partager sur le web : des escapades sans prendre de photos et donc sans rien poster sur les réseaux, dessiner sans attendre l’aval des autres, écrire sans rien publier… »

    C’est une excellente cure, que je conseillerais à quiconque ressent cette fatigue d’Internet. Déshabituer le cerveau à consommer frénétiquement de nouveaux contenus (quelle que soit leur qualité), détacher son amour propre et sa confiance en soi du nombre de réactions obtenues sur les réseaux sociaux, et, bon sang, vivre sa vie loin du regard des autres. Tout n’a pas à être public, sans arrêt.

    Maintenant, moi qui en suis à la fin de cette cure (qui a duré six mois tout de même), j’avoue que je suis contente de revenir échanger et partager sur Internet. La différence c’est que j’identifie mieux mes limites et objectifs personnels désormais.

    « j’ai cette fâcheuse impression que, de plus en plus, de nombreux blogs voyage sortent du même moule. »

    Je partage ce constat, et ce, quelle que soit la niche des blogs concernés. Je me dis que c’est peut-être un bien, après tout : pendant que tout le monde se copie et se complaît, paresseusement, à appliquer sans cesse la même recette, cela laisse de la place pour les démarches originales et les univers sans concession !

    J’en reviens à ce que je disais plus haut sur la créativité : c’est peut-être précisément dans les situations désespérées qu’on a l’occasion de proposer une alternative. Le monde est prêt pour ça. C’est juste que tout le monde n’a pas les capacités d’écrire, de photographier, de concevoir.

    Toi, tu as la chance de savoir faire tout ça, et bien, en plus. Alors ne baisse pas les bras ! Continue à cultiver ton petit jardin bio, sans tenir compte des exploitations industrielles situées à quelques kilomètres. Suis ton instinct, fais les trucs qui t’amusent.

    Bref, merci pour ce billet ! Ce genre de coup de gueule fait du bien à écrire – et aussi à lire, je t’assure ! Si on arrive à dépasser l’agacement pour le transformer en énergie créative, c’est bien. Moi, quand je te lis, ça me donne encore plus envie de continuer mes efforts de rénovation de ma petite planète virtuelle. Chaque jour, je me dis qu’il y a non seulement la place pour des blogs personnels et indépendants, mais aussi que c’est une nécessité intellectuelle !

    Voilà, quelques pensées à chaud. Merci encore 🙂

  3. Et bien il semblerait que tu es tout compris !…je ne suis pas une blogeuse et je n’est pas de site…j’ai quelques amis sur FB qui sont aussi mes amis dans la vie…
    Juste une de tes lectrices qui voyage aussi et qui retrouve dans tes billets des pays que j’ai visité aussi…
    Néanmoins je partage tout a fait ton analyse…j’ai eu petit a petit le sentiment que les gens voyagent uniquement pour montrer se qu’ils ont vu …il ne profite plus du moment présent et des beautés rencontrées qu’a travers leurs objectifs…leurs commentaires sur FB …et de plus en plus tu retrouves les mêmes photos …toujours les mêmes gens…
    Des troupeaux de gens….irrespectueux le plus souvent préocupés par leur petite personne en vacances comme chez eux…
    Finalement pour le moment je fais le breack sur les voyages lointains…j’ai même complétement changer mes progets…j’ai trouvé une petite maison a retaper dans l’ Ardèche ou je vais quand j’en ai marre des gens …et la dans ma solitude voulue et bien la je peux te dire que je sais a nouveau pourquoi cela vaut le coup de vivre….je t’embrasse……

  4. Ton billet est très représentatif de tous ces blogs sponsorisés par des offices de tourisme, qui parlent des mêmes choses dans le même ordre, avec les mêmes photos, les mêmes angles de prise de vue, la même manière de prendre les plats etc …
    Je tiens un blog depuis quelques années, je l’ai lancé quand j’ai fait une e-formation photo, et j’ai eu envie de partager mon travail. Mon blog n’est pas dédié à un domaine particulier car je n’aime pas me rentrer dans des cases, on retrouve des voyages, de la macro, des balades vers chez moi, quelques trucs sur du matériel photo … Je n’ai pas beaucoup de visites, mais ceux qui viennent prennent le temps de commenter ce qu’ils ont aimé ou pas et surtout, j’en connais une bonne partie de ma formation photo. Je préfère que mon travail soit apprécié par 5 ou 6 personnes qui prennent le temps de faire de vrais commentaires (pas des « amazing! »), que d’en avoir 200 qui ne disent rien de bien intéressant ou qui ne poste même pas (même si on a le droit de ne pas poster et d’observer de loin bien sûr !).
    Je connais certains blogs qui, comme tu dis, postent à tout va sur leurs voyages et on a l’impression qu’il ne profitent pas de leur voyage, qu’ils ne sortent pas des sentiers battus. Quand je prépare un voyage, en m’aidant de quelques sites et autres guides (etc …) je choisi ce que je veux voir, je me fiche de savoir si ce lieu va ennuyer mes lecteurs, c’est pour moi que je le fais.
    Merci donc pour ton billet ! 😀 Je vais le partager, il est très éclairé !

  5. Tout à fait d’accord avec toi. On sent la passion dans tes articles mais si ce n’était plus spontané, si c’était trop contraint pour coller à ceci ou celà cette passion disparaît. Alors on s’en fout de l’influence du blog mieux vaut la qualité que la quantité ! C’est valable pour le nombre d’articles comme pour le nombre de lecteurs .
    Et surtout ne change rien (moins de textes et plus d’images… Ça va pas non ?)
    Bisous

  6. J’avais eu un véritable coup de coeur pour ton blog lorsque je l’avais découvert : son design, le ton des textes, les illustrations (dessins/photos)… Tout me plaisait. Alors quand mon alerte Facebook m’a indiqué que tu avais publié un nouvel article, j’ai couru le lire! Et la première chose que je me suis dit c’est « Je ne suis donc pas la seule. Je ne suis pas la seule ».

    En ce qui concerne les « voyageurs » (je déteste ce terme, comme s’il y avait les voyageurs et les autres), je ne peux être plus d’accord. Les partisans de cette course aux voyages mieux/plus longs ou nombreux/plus lointains/plus tout, je les appelle les collectionneurs, à cause de cette fierté qu’ils ont à dévoiler leur vitrine. Pour moi, ce n’est que ça : voyager pour ajouter un pays au tableau de chasse. Et je dois dire que j’ai eu – j’ai – peur de tomber là-dedans, moi aussi. Tout simplement parce qu’une chose en entraînant une autre, je me suis mise à comparer mon blog aux autres, mes destinations, mes photos, mes itinéraires, etc… en me disant que je ne faisais jamais les bons choix, que je n’avais pas vu/fait ça, que j’aurais du plus me renseigner, que je souhaitais faire cette photo… Je me suis mise à avoir honte de moi, de mes expériences, en ne les trouvant plus aussi enrichissantes, plus aussi folles. J’ai encore parfois ce sentiment, en lisant certains blogs, et je me trouve stupide : j’aime ce que j’ai fait, j’aime ce que ça m’a apporté. J’ai le sentiment que cette envie « d’avoir une vie meilleure » ronge tout ce qu’il y a autour, et n’apporte rien de bon, ni à soi ni aux autres.

    J’ai commencé mon blog parce que des amis m’y ont encouragée, et j’en étais ravie : ils voulaient voir mes photos, et un blog le permettait tout à fait. Puis j’ai découvert la blogosphère et tout ce qu’elle entraîne : la chasse aux commentaires, aux vues, aux abonnés… La contrainte de devoir publier régulièrement pour ne pas perdre de lecteurs en route aussi. Ces temps-ci, l’université et des projets plus importants que le blog me prennent beaucoup de temps, et je ne peux plus publier comme je le souhaiterais. J’arrive à me dégager du temps libre pourtant, mais je préfère l’occuper « égoïstement » comme tu dis. Tant pis si j’ai du retard sur des articles prévus depuis des mois, tant pis si je ne suis pas à jour dans le développement de mes photos, tant pis. Pour moi, bloguer était avant tout un loisir, et je suis d’accord avec toi sur le fait que « publier que lorsqu’on en a envie », c’est le bon choix. Je ne me forcerai pas (plus) à écrire si je n’en ai pas envie, parce que je veux que mon blog reste un plaisir, et non une obligation dictée par des codes. C’est cependant plus facile à dire qu’à faire, puisque la société conditionnent nos comportements, et que je n’échappe pas à la règle… Je suis toujours extrêmement contente quand j’ai de nombreux commentaires, même s’ils se résument à des « super! » et je suis toujours flattée de voir mon nombre de followers grimper.

    Il y a encore pleins de choses qui me trottent dans la tête à ce sujet, mais mon commentaire est déjà bien assez longs, et on sait tous qu’un surplus de texte lasse les lecteurs, non ?! 😉
    Merci encore pour le partage de ton ressenti.
    Je t’embrasse,

    Marion

  7. Alleluja!!! Tout à fait d’accord! Il y a très peu de blogs que j’aime bien, car la plupart c’est des copies des autres, style « top 10 à faire à Bangkok ». Je déteste aussi l’évolution d’écrire des articles sur un hôtel juste pour avoir un logement gratuit. Je ne vois vraiment pas en quoi ça peut être intéressant. Mais apparemment quand on fait ça, on a « réussi », car on est « payé pour voyager ». Quand je voyage, je regarde par la fenêtre du bus et je profite des alentours au lieu de prendre 10.000 photos pour Instagram ou me demander quand j’aurai du wifi.
    Je crois (espère) qu’à la longue les gens qui font ça vont avoir une overdose des réseaux sociaux et vont revenir sur l’essentiel du voyage.

  8. c’est parce que je t’avais oubliée que je suis heureuse de lire ton blog , attentivement puisque quand tu posteras le prochain , je serai moi aussi loin sur mon chemin, a des années lumières sans doute…
    merci pour ton ressenti que j apprécie
    célinattendue

  9. J’ai eu une grosse période de remise en cause il y a 3 ans, lorsque les blogs voyage prenaient de plus en plus d’ampleur médiatique. Est-ce que je voulais me lancer vraiment dedans, devenir « influente » ou en tout cas tout faire pour ? À l’époque, mon blog avait 6-7 ans, ça aurait pu être envisageable, je cherche en plus toujours ma voie professionnelle…
    Mais non. J’ai finalement tranché naturellement : je ne supporte pas les injonctions à être sur tous les RS du monde, à être connectée en permanence, à finalement ne plus choisir ma ligne éditoriale ou batailler pour être en phase avec moi-même. Ça aurait transformé une passion et un hobby en une contrainte que je n’aurais pas supporté.
    Aujourd’hui, je revendique mon statut de blogueuse non-influente, qui écrit ce qu’elle veut et quand elle veut. C’est une liberté tellement agréable et précieuse !
    Je te rejoins sur tous les points 🙂

  10. N’ayant ni blog, ni site web… juste quelques réseaux sociaux. Je comprends quand même ton point de vue, les blogs de voyages me lasse depuis quelques temps, je m’en sers uniquement pour quelques infos si je pars mais sinon je trouve qu’il y a trop de liens sponsorisés, trop d’articles, je n’ai pas de plaisir si je me dis que dois lire tel ou tel truc. Et trop de compétitions entre eux alors que pour moi le plus important sur internet c’est le partage d’idées, de passions… J’ai toujours envie de voyages mais plus dans le sens vivre dans un autre endroit pendant un temps, mon envie de tour du monde est toujours là mais moins présente.
    C’est toujours un plaisir de te lire, j’aime beaucoup tes billets d’humeurs qui sont souvent très justes. Et j’aime le fait que tu dises ce que tu n’as pas aimé dans tes voyages tout n’est pas toujours tout rose comme dans la vie.
    Je ne sais pas si c’est nouveau ou si c’est parce que d’habitude je lis sur mobile mais j’adore ta montgolfière pour remonter en haut de la page. Un rien m’amuse. 🙂

  11. Le manque de spontanéité et les recettes, certes efficaces, mais tellement visibles à mes yeux, c’est assez usant, on est bien d’accord. Ce qui m’amuse le plus, c’est cette histoire de Snapchat où c’est le « behind the scene » comme ils disent, le truc spontané, alors que là aussi, la plupart du temps, tout est mis en scène.
    C’est j’imagine le côté pas si plaisant que ça en fait d’un milieu qui se professionnalise de plus en plus. Je n’ai rien contre ce côté professionnalisation, si ce n’est que tout le monde semble user et abuser des mêmes recettes. La créativité manque cruellement au rendez-vous.
    Mais bon, ça a un avantage, je passe aujourd’hui moins de temps à lire des blogs, car de moins en moins étant des espaces personnels, ça me donne du temps pour faire autre chose. Toujours voir le bon côté des choses 🙂

  12. Je suis ton blog depuis que je cherchais des conseils pour nos vacances en Irlande. J’ai créé il y a peu un blog de voyage, pour partager mon vécu. Mais quand je vois la majorité des blogs, je ne joue pas dans la même cour. Et surtout j’ai parfois l’impression de voir des copier / coller de billets sponsorisés. Bref, je n’ai pas le temps d’essayer d’être influente, je vais faire ce que j’aime c’est tout ;-).

    Bonne fin d’année !

  13. Je partage ton ressenti et j’ajouterai egalement que la « surenchere du partage » m’inquiete aussi d’un point de vue environnemental. Contrairement a beaucoup de blogueurs voyage (dont particulierement les digital nomads et social influencers) qui viennent, prennent leurs photos, partagent et se cassent, je me suis installee de maniere permanente dans mon pays de voyage. Cela signifie donc entre autre que je suis la, sur place, pour voir les consequences du surpartage : des randonnees qui deviennent tellement celebres qu’il y a la foule en permanence, des problemes de camping sauvage de plus en plus frequents, etc… tout ca parce que quelques influenceurs a la mode se font fait un plaisir de planter une tente dans un endroit cool mais sensible et de poster des photos magnifiques encore et encore et encore sur de nombreux mois. Alors cet endroit cool mais sensible, quand il y a une tente de temps en temps, c’est super et ce n’est pas un souci. Mais quand ca devient plein de tentes tout le temps, surprise ! Il y a des problemes de place, de toilettage, de detritus… l’influenceur lui il s’en fout, ca l’a rendu celebre / riche et il n’est pas la pour constater (encore moins gerer ou reparer) les consequences. Au mieux il s’achete une conscience tranquille en mettant la petite phrase qui va bien sur « campez responsable, hein ! » avec ses myriades de publications publicitaires (car honnetement, c’est ca que je vois quand je vois les blogueurs voyages / Instagrameurs etc maintenant : de gigantesques panneaux publicitaires). Ca me degoute profondement.

    Pour toutes ces raisons, personnellement j’ai pris la decision de mettre mon blog en standby (après 10 ans de bons et loyaux services). Ca fait plus de 6 mois maintenant et je dois dire que pour le moment je n’ai pas vraiment l’intention de le remettre en ligne.

  14. Je ne peux qu’être d’accord ! Je n’ai pas ce même côté « désabusé », car quelque part, j’ai commencé mon blog voyage en sachant que ce n’était déjà plus « comme avant » (en 2013), plus comme quand les blogs commençaient à se développer dans leur coin et que le fait d’avoir une personnalité, de la montrer, et juste d’être soi-même sans tout ce foutras d’artifices suffisaient pour que des gens soient intéressés. Parce que c’était ça avant le blogging, c’était être soi-même avant tout.

    Maintenant, le blogging, j’ai l’impression que ça devient de plus en plus une question d’image. Il faut avoir des vies trépidantes, des récits passionnants, des photos de folie, il faut « faire rêver ». Ce n’est pas le tout d’avoir une personnalité, mais il faudrait bientôt être semblable à des magazines de voyage, sous peine de ne pas être « légitimes ». On dit « pour réussir, il faut la passion avant tout », mais on devrait préciser « si vous êtes talentueux en tout, faut pas déconner ».

    Car oui, il y a des recettes du blog-voyage-tout-parfait qui se répandent… et j’en suis venue au même constat en cette fin d’année. Je ne serai probablement jamais l’une de ceux qui réussissent. Parce que ces recettes ne m’amusent pas ou ne me conviennent pas. Pourtant, je baigne aussi dans le milieu (je suis social media manager), mais justement, les recettes toutes-faites, c’est pour mon boulot, je ne veux pas que ça s’applique à ma vie. Je ne veux pas que ça change ma passion de partager au travers de l’écriture avant tout et surtout « d’être utile ». Et j’ai mis trop d’années à m’aimer comme je suis pour tenter de changer mon image en « celle que les autres veulent que je sois ».

    PS : je te suivais sur Twitter ms je crois pas avoir déjà lu ton blog, c’est chose faite avec ce chouette article 😉

  15. Ton article me parle beaucoup, je n’ai moi même pas écrit depuis bien longtemps et j’ai un peu (beaucoup) de mal en ce moment. La vie fait qu’on ne peut pas toujours être à fond et parfois on se demande aussi si ce que l’on fait ou écrit a du sens. Et puis un jour, à chaud, on écrit quelques lignes et ça repart..
    Je ne crois pas que ça soit égoïste de prendre du temps pour soi, je crois que c’est même fondamental et je te souhaite de continuer, autant que tu le peux. Écrire ne doit pas être une contrainte.
    Je fais partie de ceux qui préfèrent la spontanéité à la mise en scène, malheureusement ça devient quelque chose de rare. On peut même parfois ressentir de la culpabilité de ne pas être au « top ». Mais c’est simplement ce qui fait qu’on est tout simplement soi même, et pour moi c’est tout ce qui compte.

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