15 février 2011

Australie, Voyages & escapades

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La descente de la Côte Ouest

Le tronçon Katherine – Broome est pourtant le cadre de paysages encore une fois magnifiques. A mille lieues de ce que j’ai vu jusqu’ici et étonnamment verts ! D’imposantes formations rocheuses rouges s’élèvent au milieu de l’outback et ponctue notre longue route monotone. On ne prend pas le temps de s’arrêter – de toute façon, il n’y a rien à voir – mais surtout parce que derrière nous le ciel se fait noir et menaçant !

alice-katherine (29)

On pensait retrouver un peu de fraicheur après avoir quitté le désert, on se trompait. Au contraire, c’est même pire. Alors qu’au cœur du pays, l’air était sec et brûlant, ici il est lourd et humide. En journée, les températures avoisinent encore les 40°. Les nuits sont insupportables, terriblement chaudes. Le soir venu, la température ne baisse pas et le van se transforme en hammam. Si l’on ouvre les portes du van, des nuées d’insectes et de mouches s’y engouffrent malgré notre moustiquaire. Le sommeil n’est absolument pas réparateur et le lendemain, il faut rejouer la même journée que la veille. La fatigue commence à peser sur le moral, et le manque de douche se fait plus pesant que jamais.

Après avoir roulé non-stop pendant deux jours, on atteint enfin Broome sur la côte Ouest où la mission première est de trouver cette précieuse douche.

Mission accomplie à Cable Beach où on profite des douches publiques. Hélas, les orages ont fini par nous rattraper, et c’est sous la pluie qu’on observe l’une des plus belles plages d’Australie.

On trouve un coin isolé pour y passer la nuit, mais on se fait réveiller à 6h par une ranger qui nous demande de quitter les lieux. Ce n’est pas encore cette nuit qu’on rattrapera notre manque de sommeil…

On espérait rester sur Broome quelques jours pour se requinquer mais la pluie s’est intensifiée et des orages sont prévus pour durer toute la semaine. Je ne vous cache pas que la vie dans un van quand il pleut, ça devient très vite un cauchemar !

On décide donc de reprendre la route et de rouler jusqu’à rencontrer M. Soleil.

Finalement, les orages ne faiblissent pas et c’est sous des trombes d’eau qu’on poursuit notre descente de la tant désirée Côte Ouest. Je n’y vois pas à dix mètres, par endroits la route est inondée et il faut passer au pas en faisant gaffe que Dobby ne boive pas la tasse. Angoisse assurée !

La pluie – que dis-je les torrents d’eau – n’en finit pas de tomber les jours suivants et c’est la mort dans l’âme qu’on dépasse le Ningaloo Marine Park qui faisait partie des incontournables que je voulais faire… On ne fait pas non plus de détours vers les plages paradisiaques annoncées par le Lonely. MT est de plus en plus fauchée et refuse tout détour ‘inutile’ sur la côte Ouest.

Ces dernières concessions pèsent un peu plus dans la balance et mon moral est au plus bas. Dans le van, l’humeur s’assombrit au fil des jours et j’ai de plus en plus de mal à être positive pour deux.

On finit par laisser la zone orageuse derrière nous et on peut enfin s’aventurer sur des plages de sable blanc, paradisiaques à souhait. Seulement le cœur n’y est pas.

J’arrive à gagner un détour vers les Pinnacles, ce désert coincé entre l’outback et l’océan où d’étranges formes s’élèvent du sable… La nature se livre en spectacle et laisse planer le mystère de ces curiosités…

On se pose enfin à Geraldton, petite station balnéaire fréquentée par les véliplanchistes et les kite-surfeurs. En étant un peu trop curieuse, je réussis à ensabler le van – sur une plage paradisiaque, mais sur le coup, c’était bien le cadet de mes soucis. Jamais deux sans trois dit-on, j’espère bien que c’était la dernière fois ! Comme à chaque fois, ces amours d’australiens accourent pour prêter main forte, et cette fois c’est un français – adorable – qui nous sort du pétrin du sable. On ira finalement poser le van plus loin, sur la terre ferme et passer quelques jours ici…

Si le soleil est de retour, le moral n’est pas forcément au beau fixe. Mon esprit est ailleurs. Je regrette de plus en plus le temps où je n’avais à penser qu’à moi… Je sens que mon voyage m’échappe, que je n’y trouve plus de plaisir et surtout que je ne mets plus en application toutes les bonnes résolutions que j’ai prises ici. J’ai envie d’être à nouveau en phase avec ce que je veux faire et veux être. Bref être moi-même, et j’ai l’impression de ne plus l’être depuis quelques temps.

A l’heure actuelle, je n’ai qu’une envie : arriver à Perth, notre ville d’arrivée, vendre le van et entamer un nouveau chapitre.

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