2 juin 2015

Vietnam, Voyages & escapades

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Premiers pas à Hanoi, une rencontre difficile…

 

Parfois le voyage c’est un peu comme une rencontre tant attendue…

On a des semaines – des mois – pour le préparer, se faire des films, rêver sur des bribes d’images et de récits d’autres voyageurs, imaginer son propre périple, se projeter et anticiper ses propres sentiments face à cette rencontre, ces nouveaux lieux, nouveaux horizons…

Malgré moi, je comparais déjà ce voyage à d’autres rencontres, chères à mon coeur, comme la Thaïlande. Douce erreur…

Rarement la réalité correspond à nos attentes, on peut être mille fois plus émerveillés, ou encore surpris, étonnés, même bousculés. Parfois une pointe de désillusion s’immisce dans ce qu’on découvre. Pas forcément de la déception, juste la réalité qui se confronte aux fantasmes…

C’est un peu l’histoire de ma rencontre avec Hanoi.

Hanoi, la porte d’entrée de notre voyage au Vietnam

3 jours dans la capitale, avant de partir explorer d’autres contrées : faire un trek dans les montagnes à Sapa, naviguer dans la Baie d’Ha Long, pédaler entre les rizières à Tam Coc, descendre dans le centre du pays et découvrir la Cité Impériale de Hué, puis flâner dans l’ancien comptoir colonial qu’est Hoi An… De belles expériences, toutes différentes, à l’horizon, mais d’abord Hanoi.
Et notre rencontre fut compliquée.
Hanoi, ne m’en veux pas, ça venait peut-être de moi.

J’avais fantasmé notre rencontre, et je le sais, on devrait toujours se débarrasser de ses attentes et profiter uniquement du ici et maintenant. J’essaie d’appliquer ses sages conseils au jour le jour, mais je me rends à l’évidence, je n’y arrive pas toujours…

Hanoi, tu étais là, bouillonnante, les bras grands ouverts pour accueillir mes explorations urbaines, mais j’ai fui le ici et maintenant, je voulais juste être n’importe où ailleurs.
Pardonne-moi Hanoi, si je suis passée à côté de toi sans te comprendre, mais vois-tu, il n’y a pas eu d’étincelles entre nous.
A qui la faute ?

 

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La fatigue d’abord, quand comme moi, t’as pas fermé l’oeil pendant tes treize heures de vol. Quand t’as l’impression d’être une poupée de chiffon, que ton cerveau ne sait plus très bien s’il a d’abord faim ou sommeil, si t’as envie de commencer à explorer parce que mince, t’es quand même à l’autre bout du monde, ou si tu resterais pas plutôt au calme pour retrouver ton énergie. Quand tu luttes contre l’envie de poser ta tête sur l’oreiller et de fermer les yeux, mais que tu t’aventures quand même à l’extérieur…

La chaleur, aussi, cette traîtresse, moite et poisseuse, qui t’enveloppe dès les premiers instants. La même qui m’avait marqué à Singapour. Cette impression de rentrer dans un hammam dès que tu quittes ton cocon climatisé. Toute la journée, tu lèves la tête à la recherche d’un bout de ciel bleu, mais tu ne vois que le gris lourd de la chape de pollution. T’as l’impression d’étouffer à chaque goulée d’air et tu te dis que si la fatigue ne t’achève pas, ça sera cet air irrespirable…

Puis j’ai fait quelques pas dans tes rues, Hanoi, au coeur de ta vieille ville, où chaque rue a sa spécialité de métiers : le quartier des 36 corporations. J’ai alors rayé définitivement mes envies de flâner : impossible ici. Les trottoirs sont pris par les scooters qui s’y garent par dizaines, et les échoppes y étalent leur barda et gagnent de la place sur le pas de leur porte, les gargotes et autres cantines improvisées y installent leurs tables et leurs petits tabourets bleus.

Je marche donc sur le côté de ta chaussée où les voitures et les scooters me frôlent s’en ralentir. La symphonie de tes klaxons ne s’arrête jamais. Il me faut une vigilance de tous les instants pour me balader dans tes rues,  encerclés, doublés, dépassés par les scooters, hélés par les commerçants et les badauds insistants. Ce brouhaha constant finit de m’achever…

Hanoi, chaotique et étouffante…

Les torts sont partagés Hanoi, tu es chaotique, bouillonnante, étouffante… ce n’est pas ta faute, tu ne savais pas que pour me séduire il me fallait des grands espaces, de la solitude et du silence…

Avec toi, je me sens assaillie de toutes parts, mon corps ne demande qu’à se poser au calme et attendre que ça passe. Sauf que ça ne passe pas… ce semblant de chaos est continu, usant… J’ai l’impression de devoir sortir de la tête de l’eau pour respirer…  mais de ne pas y arriver.

Pardonne-moi Hanoi, quand je commence à douter de ce que sera la suite du voyage. Et si je n’aimais pas ce qui m’attend ? Et si j’avais tout idéalisé ? Dis-moi Hanoi, comment sont tes petites sœurs urbaines, tes ancêtres les montagnes et tes frères des champs ?

En vérité, Hanoi, à peine rencontrée, j’ai déjà envie de te quitter. Mais je suis coincée avec toi pour 3 jours, il va bien falloir qu’on se supporte, non ?

Malgré cette anarchie que je me prends en pleine tête, je découvrirai chez toi des choses que je retiendrais : visiter des temples isolés tels des oasis dans ce tourbillon, se balader dans les environs du lac Hoan Kiem, découvrir ses cafés cachés au fond d’une cour secrète, apprécier la fraîcheur relative le soir venu, et surtout tu marqueras des points avec ta cuisine, qui n’en finira pas de ravir nos papilles…

J’ai conscience, Hanoi, qu’on est parties sur de mauvaises bases toi et moi, mais malgré la tentation de fuir ailleurs, je suis restée et j’ai essayé de te découvrir et de t’appréhender comme j’ai pu…

 

16 réflexions au sujet de « Premiers pas à Hanoi, une rencontre difficile… »

  1. Hanoï, je ne te connais pas, mais au travers de ce récit je sens déjà que l’air me manque, tu me fais transpirer… Viiiiiite ! Fuyons vers d’autres horizons !

  2. C’est vrai que commencer par la capitale, c’est pas évident évident ! J’ai mis plusieurs jour à me faire aux bouillonnements de Ho Chih Minh !
    Les montagnes de Sapa, et Hoi An sera une vraie révélation par contre 😉
    Les lampions de Hoi An sont tellement représentatifs ! Que des bons souvenirs et j’éspère qu’ils seront aussi bons pour vous 🙂

    1. On aurait peut-être du en effet terminer par la capitale au lieu de s’y attaquer directement, mais avec le recul, je t’avoue qu’après 2-3 semaines à barouder, j’ai préféré conclure notre voyage sur la très jolie Hoi An plutôt que retourner à Hanoi 😉

  3. C’est vrai que commencer d’entrée de jeu par Hanoï est compliqué. Heureusement que la suite de ton voyage t’a charmé et que tu repars avec une image plus positive de ce bouillonnant et captivant pays qu’est le Vietnam

  4. Le problème de ce genre de capital. Je ne connais pas Hanoi mais Antananarivo, je connais bien et ton ressentit, je le connais que trop bien ! A chacun de mes séjours dans la capital, j’en reviens même à remettre en question ma présence à Madagascar. Étouffant, c’est bien le mot.

  5. J’ai ressenti pareil à Delhi, ce sentiment opressant et le harcèlement. Bon ça a continué dans le reste de l’Inde mais rien ne peut atteindre le niveau de Delhi. Si je pouvais donner un conseil, fuire La capitale et partir de suite à la campagne. Même si on loupe 3 sites inscrits au patrimoine de l’UNESCO, ça ne vaut pas toutes ces angoisses. Je regrette de m’y être arrêtée.
    Du coup je suis contente de lire ton témoignage et c’est important de savoir. Le jour où j’irai au Vietnam, je pense que je quitterai la ville par le 1er bus ou train.

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