30 novembre 2010

Australie, Voyages & escapades

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On the Great Ocean Road

Après une courte période de recherches et de galère, on décroche enfin notre sésame pour l’aventure : notre propre van.

Mais contre toute attente : déprime et stress à St Kilda.

On a beau avoir le van, on ne le sent pas encore bien à nous. Il faudrait le nettoyer, l’aménager, le préparer. Mais pluie, vent… un air de tempête sur Melbourne.

J’ai l’impression d’être enfermée, oppressée dans la ville que j’ai pourtant appris à aimer… Si j’en doutais encore, cette fois, j’ai la confirmation, les grands espaces me manquent ! La route me manque. J’ai comme l’impression d’avoir goûté à la liberté, mais d’y avoir juste posé les lèvres.. Envie de plus. Envie d’ouvrir des atlas. Envie de découvertes. Envie de rejoindre d’autres villes.

Drôle de sensation de traverser Melbourne en van, en longeant les buildings qu’on a contemplé à pieds. Et puis, dès qu’on sort de l’agglomération, les premiers rayons de soleil apparaissent. C’est certain, pour moi, c’est un signe !

On roule jusqu’à Geelong, petite ville à quelques centimètres de Melbourne sur la carte. Je souffle enfin, le stress retombe, impression d’avancer, de sortir, bref de bouger.

On se pose dans cette ville pour nettoyer le van, commencer l’aménagement le plus important pour la suite. Le temps se couvre à nouveau et comme aucune contrainte ne nous lie à qui que ce soit, on s’offre un petit plaisir sur un coup de tête… Pouvoir voir le dernier Harry Potter dans une petite ville d’Australie ça n’a pas de prix, ou plutôt si, 16 dollars… Ça fait mal au porte-monnaie, mais ça recharge un peu nos batteries !

Cette fois, c’est parti pour de bon pour notre premier road-trip au volant de Dobby, notre van libre ! (Un bon point Ma reconnaissance à ceux qui saisissent la référence…)

On prend la route direction Torquay, ville emblématique du surf. La mer est démontée et les surfeurs sont de sortie. Puis on entre rapidement de pied ferme sur la renommée, la réputée Great Ocean Road. Et je me dis qu’il y a pire pour un premier road-trip…

Le soleil fait quelques apparitions et je me prends à espérer qu’il nous accompagne encore quelques jours. La route longe l’océan et malgré l’absence d’un franc soleil, on croirait voir des cartes postales à chaque virage. Régulièrement des parkings sont prévus pour arrêter sa voiture et profiter des lookout. Il suffit en général d’avancer un peu plus loin pour apprécier le même point de vue sans la masse de touristes.

J’ai l’immense privilège d’être la conductrice principale de notre van – MT jouant dans la catégorie mini-pousse, elle a un peu du mal à toucher les pédales – et j’enfile les kilomètres comme des perles, au son de ma musique, un sourire jusqu’aux oreilles. A un rythme pépère – 90 km/h pour les pointes de vitesse – je prends mon temps et m’émerveille à chaque virage.

Lorne.

Première vraie ville qu’on traverse. On prend un peu peur en passant devant les caravan park et autres rest areas où les touristes payent pour s’entasser et y passer la nuit. On fuit et on pousse le van vers des chemins plus étroits et donc plus déserts.

On pose le van à deux pas d’une forêt d’eucalyptus. Encore un très joli coin.

Le lendemain, on alterne panoramas de vagues déferlantes qui se fracassent sur les falaises et vallées – creek – verdoyantes d’où s’échappent quelques filets d’eau. On abandonne assez vite le littoral pour se perdre vers des coins moins touristiques, plus verts, où les cascades comme Erskine Falls ont la part belle.

On traverse ensuite Apollo Bay, petit port de pêche qui fourmille de touristes et on fait un détour au Marriners Lookout pour profiter du panorama. On croise à pied quelques vaches sur notre chemin de terre avant d’arriver au sommet de la colline. Aujourd’hui, le temps s’est encore empiré et il y a maintenant un vent qui rend toute balade désagréable. Le paysage est pourtant sublime à perte de vue, mais même dans nos polaires, on ne s’attarde pas.

On poursuit la route qui quitte pour quelques kilomètres le littoral. Le paysage change et à plusieurs reprises, bien que je conduise à gauche, j’ai l’impression d’être en France. Dans les champs à perte de vue, des points blancs et noirs ci et là. Des vaches et des moutons à ne plus pouvoir les compter.

On rejoint assez vite le littoral qui est cette fois composé d’immenses falaises sur lesquelles viennent se briser les vagues déchainées. On arrive sur le tronçon le plus photographié selon le Lonely Planet, celui où on peut voir les célèbres Twelve Apostles entre autres. Arrêt obligatoire.

Sur le parking, les vans et les campings cars s’alignent. Un petit aérodrome propose des tours en hélicoptère pour profiter d’une vue aérienne. Le chemin est balisé jusqu’à la falaise. Les barrières empêchent de s’éloigner du droit chemin. Je grince un peu des dents. On croise des vagues de touristes, claquettes et appareils photos en bandoulière. A l’endroit fatidique, tant attendu, les gens se pressent tous au même endroit, prennent la même photo. La vue magnifique sur ces blocs de pierre érodés par la mer devrait m’exalter, m’émouvoir. Je les ai vu tant de fois en carte postale. Mais l’envers du décor me refroidit. Je croise des français qui râlent et parlent fort. Je me rends compte avec un peu d’amertume que je n’ai aucune solidarité française en moi, même à l’autre bout du monde. Je veux juste fuir la foule et ses touristes.

On reprend le van à la recherche de coins plus sauvages, plus reculés. On ne s’arrête même pas aux prochains points d’intérêt notés par le guide. Mêmes parkings et mêmes manèges à chaque fois.

On dépasse Port Campbell, puis on bifurque sur un petit chemin. On roule au pas à travers les champs et on se demande si on ne va pas atterrir dans une ferme, mais non. La destination est à la hauteur de nos recherches et de nos espérances. Un petit coin de paradis.

Une large plage de sable et des falaises que j’imagine inconnues comparées à celles des Twelve Apostles où s’écrasent ici aussi l’écume des vagues immenses. Un petit coin de paradis dont je tairai le nom tellement son charme tient à son isolement. Le sable vierge de toute trace de pas atteste qu’on est les premières de la journée à le fouler. Quelques rayons de soleil pointent à la tombée du jour comme pour nous récompenser. L’endroit vaut mille fois les touristiques Douze Apôtres, et on apprécie à nouveau notre solitude dans ce coin de paradis.

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