5 octobre 2015

Asie, Vietnam, Voyages & escapades

3 commentaires

Cité impériale, temples & arnaques à Hué

Ce billet a été assez difficile à écrire… Commencé depuis des semaines, il est resté en jachère, me laissant un goût d’inachevé, sans trop vouloir y passer du temps… un peu comme la sensation que j’ai eu pour cette ville, Hué…

Je ne savais pas trop quoi vous en dire, par quoi commencer, ni même si ce billet valait le coup d’être écrit…

J’aurais aimé avoir de bon souvenirs de Hué. J’aurai aimé que cette ville ne finisse pas rattachée à l’expérience qu’on en a eu mais c’est le cas !

Alors, faut-il raconter ces mauvais souvenirs de voyage ? J’ai décidé que « oui », en essayant de dédramatiser mais sans passer pour autant sous silence des situations compliquées en voyage.

Je vous raconte rapidement nos (més)aventures avant de passer à Hoi An, mon coup de cœur au Vietnam (parce que oui, ce voyage finit quand même sur une touche positive).

7 mai,

Nous nous rendons à Ninh Binh à 15 minutes de Tam Coc pour prendre le train.

A Ninh Binh, la gare est toute petite, rien n’est traduit en anglais. C’est un joyeux bordel pour trouver le quai, puis le bon côté des voies qu’on traverse et retraverse sur les rails comme si c’était tout à fait normal, et enfin la bonne voiture !

Direction le centre du pays, la ville de Hué : 13 heures de train au programme !

Je suis une amoureuse des voyages en train : on prend vraiment le temps de laisser passer le temps, la fenêtre ouverte sur le monde, on laisse notre regard courir sur des paysages qui défilent et qui marquent le changement de régions. On traverse ainsi de superbes rizières à perte de vue où s’élèvent d’immenses formations rocheuses…

Nous sommes confortablement installés dans nos sièges inclinables, le temps file tranquillement. La télé passe des clips vietnamiens et des soaps surjoués. On essuie un orage aussi violent que rapide.

Deux gars, le contrôleur et un autre qu’on baptise Happy Guy, toujours souriant, s’occupent régulièrement de nous. Ils ne parlent pas un mot d’anglais, mais ils nous proposent des trucs étranges à manger, nous font signe quand il y a des choses à voir à travers la fenêtre…

On craint de rater notre arrêt en plein nuit, mais ils sont là, ils veillent et nous préviennent quand on arrive à Hué.

 

8 mai,

Le premier soir, on se balade sur les bords du fleuve.

La première impression est bonne : c’est calme, il fait frais, il y a peu de scooters et vraiment peu de harceleurs de rues (comparé à Hanoi).

On traverse un marché nocturne où la jeunesse de la ville semble traîner, il y a de la musique, c’est convivial. Des pousses-pousses promènent quelques badauds…

C’est tellement calme, qu’on se demande où sont les gens ! Finalement on tombe sur les quelques rues purement touristiques où se trouvent les pubs et les restos, ils sont tous là !

On teste les mets locaux : une soupe spécialité de Hué et des Ban Xeo, des beignets de porc/crevettes/soja.

Le lendemain, visite de la Cité Impériale de Hué.

Exploration de la Cité impériale à Hué

Si nous avons inclus Hué à notre voyage, c’est pour sa Cité Impériale où vivait l’Empereur, sa famille, et sa cour. L’ensemble des bâtiments s’étend sur sur 10 kilomètres. On se rend bien compte de la grandeur qu’a été cette capitale au siècle dernier.

dessin_Hué
La cité impériale de Hué : mélange de techniques, photo, dessin, peinture digitale…

 

Quelques bâtiments sont rénovés et sont vraiment magnifiques comme les quartiers de la Reine Mère mais tout le reste a été détruit pendant les guerres successives d’Indochine et du Vietnam.

Je m’attarde sur les portes, immenses et colorées, qui regorgent de détails architecturaux.

Entre 11h et 15h, il commence à faire très chaud, je fatigue, j’étouffe, je me sens pas très bien et j’ai du mal à apprécier tous les recoins de la cité…

Pour arranger les choses, je sens une crise d’hypoglycémie qui pointe le bout de son nez… autant dire que je n’apprécie plus du tout la visite. Pas de sucre sous la main, mon objectif principal est de trouver quelque chose à manger avant de tomber dans les vapes !

Évidemment, c’est quand on les cherche qu’il n’y a plus un seul vendeur aux alentours !

Je me pose pour m’économiser, je suis tellement en mauvais état que mon esprit embrumé se demande à un moment à quel point ça serait mauvais pour mon karma de piquer une banane dans les offrandes d’un temple…

Je finis par trouver et acheter un Coca bourré de sucre et un Snickers qui me coûte un rein le prix d’un repas habituel mais ça va vite mieux !

Le hic, c’est que je viens de dépenser dans un Snickers et un Coca notre argent pour le repas de midi, on rebrousse donc chemin à l’hôtel pour récupérer des sous.

L’après midi : à nous la liberté ! On loue un scooter pour aller explorer les temples qui s’éparpillent autour de la rivière des Parfums !

Location de scooter à Hué : à nous la liberté !

On sort de la ville dans la nuée de scooters. On retrouve ce doux parfum de liberté qu’on avait ressenti à Tam Coc en vélo ! Pouvoir enfin aller explorer les environs, à notre rythme…

La conduite est chaotique, le code de la route inexistant, je m’agrippe fermement à ma selle et murmure une prière rapide à chaque intersection mais on réussit à s’extraire des grandes artères vivants pour s’enfoncer dans la campagne.

Des gens nous sourient et nous font des signes, c’est exaltant !

A un feu rouge, une dame nous aborde en anglais avec le sourire. Elle nous demande d’où on vient et où on va, elle nous félicite pour notre conduite. Puis elle nous prend notre carte que je tenais dans la main et nous recommande un autre itinéraire que celui prévu, elle change l’ordre des temples qu’on avait prévu de visiter pour que ça colle mieux avec les horaires et le soleil…

Elle nous propose même de nous montrer un raccourci ! Trop heureux de pouvoir enfin discuter avec des locaux, on la suit !

A chaque feu rouge, elle nous raconte un peu sa vie : elle est paysanne pas loin, elle gère des champs et sa petite famille…

Elle nous propose même de nous amener voir sa maison et ses enfants. On est ravis, enfin un contact sincère avec des locaux on se dit. (imaginez Naïve sautant d’un pied sur l’autre, on ne l’arrête pas…)

On passe par des chemins de terre loin de la route, plein de nids de poule et de poules tout court.

Tu voulais de l’authenticité et des sentiers pas battus, les voilà, je me dis.

Au premier temple, elle nous dit qu’elle va nous attendre et nous mener ensuite chez elle.

Et c’est là que le doute s’immisce.

Pourquoi une honnête paysanne prendrait une heure de son temps à nous attendre ? Comment une honnête paysanne parle aussi bien anglais ?

Méfiance nous fait de grands gestes et on se maudit d’être aussi paranos !

On s’aventure dans le temple en question tout en se posant mille questions. On déambule dans les jolies cours et les bâtiments centenaires.

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Mais le doute nous grignote.

On se rend à l’évidence, depuis le début de notre voyage, on essaie continuellement de nous arnaquer et on sent encore cette fois l’odeur de l’attrape-touristes.
On se déteste d’être aussi méfiants, et bon sang comme j’aimerais parfois que Naïve soit juste Naïve…

Mais notre instinct nous dit de faire gaffe…

A la sortie du temple, la dame est toujours là, bavardant avec les guides. Elle nous propose de nous accompagner au prochain temple.

“On ne va pas chez toi ?”

Elle esquive, elle veut nous accompagner au prochain temple.

On lui dit qu’on préfère se débrouiller seuls sur les prochains temples et que c’était très gentil de sa part de nous avoir montré le chemin.

Et là, ça devient compliqué, comme quand on rate un bout de film et qu’on rame pour comprendre ce qui est train de se passer…
Elle s’énerve un peu.
Je suis persuadée que le sourire est un langage universel, notre plus grande arme, toujours.
On essaie donc de se faire comprendre en souriant.
Elle nous demande alors de venir voir ses enfants et de leur donner quelque chose.

Au début on aurait accepté avec plaisir, maintenant elle commence à me faire un peu peur…

Naïfs que nous sommes, on essaie de lui expliquer qu’on a rien sur nous, pas de cahiers, pas de jeux, rien à manger qu’on pourrait leur donner.

Gros moment de flottement…
Elle attend quelque chose de nous, mais on ne comprend pas ce qu’elle veut.

Au bout de longues minutes d’incompréhension, on y vient.
“Money !”
On a pas grand chose dans notre porte monnaie, on lui donne tout ce qu’on a mais elle ne semble pas très contente.

On s’excuse (n’importe quoi ! ), on la remercie, on multiplie les sourires, mais elle s’énerve…
A ce moment-là, je ne vois que la fuite comme solution. On remonte rapidement sur notre scooter pour repartir. Du coin de l’oeil je la vois faire des gestes sans équivoques et nous insulter.

J’empresse Bastien de rouler et de mettre de la distance entre nous.

J’ai un peu envie de pleurer, je me sens coupable et détestable qu’on se soit fait avoir une nouvelle fois… Ou comment se sentir crétins d’avoir cru en une honnête relation.

On roule sans un mot en direction du prochain temple, mais je jette régulièrement un œil derrière nous.

On se rend vite compte que les vietnamiens sont très mauvais géographes et ne savent absolument pas faire de carte. On essaie de s’orienter avec la feuille de papier qu’on nous a donné à l’hôtel mais toutes les routes ne sont pas dessinées, nous nous perdons, revenons sur nos pas, on galère à trouver le second temple, on le trouve enfin, on grimpe ses imposantes marches et le portail se ferme devant notre nez, c’est l’heure de fermeture.

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On regarde l’heure, tous les autres temples sont en train de fermer, dommage pour l’exploration des temples à Hué…

On finit par se balader au hasard sur les petites routes en nous remettant de nos émotions.
Le soleil commence à se coucher sur la rivière des Parfums et nous offre de beaux souvenirs.

La nuit tombe, on revient dans Hué pour aller voir la Pagode de la Dame céleste, la plus connue de la ville.

A la fin de la journée, je n’ai franchement pas envie de rester à Hué plus longtemps. La première impression a été balayée par les péripéties du jour.

On est fatigués de l’attitude des vietnamiens, fatigués de devoir se méfier à chaque contact et on commence vraiment à se détester d’avoir cette attitude-là…

A cet instant, on aimerait juste terminer notre voyage au Vietnam posé quelque part sans devenir méfiant à tout va.

On poursuit un peu plus au sud jusqu’à Hoi An…

3 réflexions au sujet de « Cité impériale, temples & arnaques à Hué »

  1. Merci pour ce récit très honnête. Nous ne sommes pas obligés d’aimer follement tous les pays que l’on visite, on a aussi le droit d’être déçu parfois… et comme dirait ma fille « C’est pas grave » 🙂

  2. Je découvre ton blog avec cet article sur Hué… c’est marrant j’ai également eu la même impression quand je suis allée au Vietnam… l’arnaque permanente… et puis j’y suis retournée et j’ai changé d’avis, finalement j’adore le Vietnam je me suis habituée et je ne risque en effet jamais de suivre quelqu’un que je ne connais pas… de toute façon je n’ai vu aucun pays dans ce coin d’Asie où les locaux vous abordent, ce n’est juste pas dans la culture et les gens ne parlent pas anglais sauf ceux qui ont à faire aux touristes… et veulent un bénéfice financier.
    Jolie blog en tout cas, à bientôt

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